‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 165 sur 632 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL, VAUTRIN

Vautrin, à part.

Si le Mexique se voyait représenter comme ça, il serait capable de me condamner aux ambassades à perpétuité. (Haut.) Oh ! excusez-moi, Madame, j'ai tant de sujets de réflexions !

La Duchesse.

Si les préoccupations sont permises, n'est-ce pas à vous autres diplomates ?

Aux diplomates par état, oui. Mais je compte rester militaire et franc25. Je veux réussir par la franchise. Nous voilà seuls, causons, car j'ai plus d'une mission délicate.

OCB. T. XXII. th. 2. 16

232 vautrin, ii.

La Duchesse.

Auriez-vous des nouvelles que ma fille ne devait pas entendre ?

Vautrin.

Peut-être. Allons droit au fait : la senora est jeune et belle, elle est riche et noble ; elle doit avoir quatre fois plus de prétendants que toute autre. On se dispute sa main. Eh bien ! son père me charge de savoir si elle a plus particulièrement remarqué quelqu'un.

La Duchesse.

Avec un homme franc, général, je serai franche. L'étrangeté de votre demande ne me permet pas d'y répondre.

Vautrin.

Ah ! prenez garde ! Pour ne jamais nous tromper, nous autres diplomates, nous interprétons toujours le silence en mauvaise part.

La Duchesse.

Monsieur, vous oubliez qu'il s'agit d'Inès de Christoval.

Vautrin.

Elle n'aime personne. Eh bien ! elle pourra donc obéir aux vœux de son père.

La Duchesse.

Comment, Monsieur de Christoval aurait disposé de sa fille ?

Vous le voyez ? votre inquiétude vous trahit. Elle a donc fait un choix ! Eh bien ! maintenant je tremble autant de vous interroger, que vous de répondre. Ah ! si le jeune homme aimé par votre fille était un étranger, riche en apparence, en apparence sans famille, et qu'il cachât son pays...

La Duchesse.

Ce nom de Frescas, dit par vous, est celui que prend un jeune homme qui recherche Inès.

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