‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 26 sur 632 · ACTE II, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE

et vous avez servi Monsieur de Frescas, enfin vous ne vous ête3 pas conduit en gentilhomme, mon fils !...

Ferdinand.

Vos sentiments sont encore plus inexplicables, ma mère ; après avoir pendant toute la soirée hier servi mon rival auprès d'Inès, vous l'accueillez, vous le faites valoir !

La Duchesse.

Je crois que vous blâmez votre mère ! craignez de l'interroger, Monsieur, la pâleur de son front passerait sur vos joues et votre père malgré l'aigreur de ses discours vous condamnerait ! Je veux dire que la rencontre de Monsieur de Frescas avec Inès ici est un effet du hasard ; écoutez-moi bien, votre conduite, si vous n'y prenez garde, peut vous mener à votre perte.

Ferdinand.

Madame, de telles paroles veulent une explication car ma conduite ne mérite aucun reproche.

La Duchesse.

Je vous ai dit de m'écouter, pesez mes paroles, je ne puis vous en dire davantage.

Ferdinand.

Vos secrets doivent être bien terribles s'ils expliquent la désunion qui existe entre vous et mon père, votre peu de tendresse pour moi et votre affection pour un aventurier qu'à notre première rencontre je défierai et que je tuerai comme un chien.

La Duchesse [, à part].

Malheureux ! leur haine contre lui ne le signale pas moins à mon cœur que la tendresse qui s'accroît en moi ! [Haut] Mon fils, je vous défends20...

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