acte v, scène
Monsieur Giraud.
Monsieur.
Monsieur Rousseau.
Je dis à ces dames...
Monsieur Giraud, à sa fille.
Tu vois, dames !
Monsieur Rousseau.
Que vous êtes né pour la fortune, et qu'elle vous était bien due, car chez vous et en vous tout est parfait...
Monsieur Giraud.
Dam43 ! Avec de l'argent, à Paris, on a tout.
Madame Rousseau.
Mademoiselle votre fille est charmante, venez mon enfant44, ne vous ai-je pas dit que vous seriez ma fille...
Mademoiselle du Brocquard, à Giraud.
Que lui donnez-vous en mariage...
Mademoiselle, je ne puis pas vous préciser les avantages... il faut attendre notre homme d'affaires, Duprè, un honnête homme dont je suis parfaitement content, vous vous en êtes servi... (Il sonne, le domestique arrive.) Allez chercher Monsieur Duprè45.
Monsieur Rousseau.
Il est cher...
Monsieur Giraud.
Il ne m'a rien demandé encore.
Monsieur Rousseau.
Il vous plumera !
384 paméla giraud.
Monsieur Giraud.
Pour qui me prenez-vous, Monsieur... Je ne suis pas un oison... et je m'entends parfaitement aux affaires. Je vous dirais que je donne un million à ma fille, eh bien, je vous tromperais... Elle pourrait en avoir deux ou trois...
Monsieur Rousseau.
Mais nous ne demandons pas mieux d'être trompés, Monsieur46. Il est très-spirituel, Monsieur Giraud.
Monsieur Giraud.
Et vous47, Mademoiselle, quels avantages faites-vous à votre garçon car, nous, voyez-vous, nous avons à effacer le souvenir de notre précédente position. J'étais tailleur...
Monsieur Rousseau.
Ancien tailleur...
Monsieur Giraud.
Et portier.
Concierge, oh, c'est fort différent... un concierge, mais c'est un fonctionnaire, et la plupart des propriétaires leur donnent leur confiance. Ils font la recette, on leur paye les loyers, et c'est aujourd'hui des caissiers, des gens d'affaires...
Monsieur Giraud.
Aussi devrait-on ne pas leur faire balayer le ruisseau, ni tirer le cordon... ah c'est humiliant...
Monsieur Rousseau.
Oui, mais vous n'étiez pas domestique.
Monsieur Giraud.
Jamais, un portier est indépendant...