LES PRÉCÉDENTS, MADAME GIRAUD
Mademoiselle du Brocquard [, à part].
Oh ! en turban à midi.
Monsieur Rousseau [, à part].
Quelle caricature !
Madame Rousseau.
Ah, Madame, j'étais bien impatiente de vous voir, car il s'agit du bonheur de nos enfants...
Madame Giraud.
Et du nôtre, conséquemment, Giraud... Monsieur Giraud, vous avez laissé la compagnie debout... Paméla50, non. (Elle sonne, on vient) Avancez51 des sièges... et nous, Madame, nous allons, comme on dit, nous mettre dans ce fauteuil à bras, car votre jeune homme nous a dit que vous en vouliez à notre fille...
Mademoiselle du Brocquard [, à Madame Rousseau]. Où a-t-elle péché cette robe...
Madame Rousseau [, à Mademoiselle du Brocquard]. Chut !... [Haut] Vous avez une robe délicieuse, Madame.
Madame Giraud.
Groseille ! c'est la mode. Elle vient du petit Saint-Antoine. Je vais toujours là. Et vous52 ? (A Paméla.) Les leurs sont d'une mesquinerie. Il me semble que quand on vient demander la main d'une jeune personne, on s'habille en grande toilette, ces gens-là ne savent pas vivre, et je vais53 le leur faire sentir. [Haut] Mesdames, je crois que nous pouvons envoyer nos jeunes gens causer dans le jardin, nous serons plus à l'aise de causer de leurs petites affaires, car je vois que, d'après le peu54 d'importance que vous attachez à cette démarche, elles ne sont pas très avancées... Va, ma fille...
Monsieur Rousseau, à Monsieur Giraud.
Que veut-elle dire ?
Monsieur Giraud.
Je ne sais pas. Comme vous me paraissez un bon homme, je vous dirai que je n'ai pas toujours compris Madame Giraud...
Mademoiselle du Brocquard.
Elle tient à l'étiquette.
Madame Giraud.
Du sac, Madame.