acte v, scène
Madame Rousseau.
Oui, Monsieur, je suis quant à moi, toute disposée à faire ce que voudra mon fils.
Monsieur Rousseau.
Je désirerais avoir quelques renseignements sur l'avenir de Mademoiselle Paméla. Cent mille francs de dot, c'est fort peu de choses. Quelles seront les espérances...
Duprè.
Il n'y a pas d'espérances.
Mademoiselle du Brocquard.
Pas d'espérances. Ainsi, à la mort de Monsieur et de Madame Giraud...
Duprè.
C'est des idées bien vulgaires. Ne désirez pas la mort de votre prochain, quand elle ne vous rapporte rien.
Monsieur Rousseau.
Trêve de plaisanteries, Monsieur. Vous avez abusé une famille riche, considérée...
Duprè.
Abusé...
Madame Giraud.
Ste farce ! Sommes-nous venus vous chercher... Avons-nous envoyé la gendarmerie après79 vous, vous êtes pas mal drôles.
Duprè.
N'avez-vous pas trouvé cette famille charmante ?... N'avezvous pas dit, là, tout à l'heure, que vous donneriez Paméla sans fortune, à Jules. Que vous n'aviez aucune arrière-pensée, vile et entachée d'intérêt. Vous aimiez à faire la partie de billard du bon père Giraud... Ces dames s'entendaient.
400 paméla giraud.
Monsieur Rousseau.
Eh bien, je leur défends de s'entendre... et si Monsieur Giraud est ruiné...
Monsieur Giraud.
Oui, Monsieur, je suis ruiné...
Monsieur Rousseau.
Eh bien, mon cher, vous comprenez très-bien que tout ce que nous avions dit doit être considéré comme non-avenu80...
Joseph Binet.
Les avocats ne sont pas les seuls à changer d'opinion ; les papas beau-père.
Duprè.
Et vous, Mesdames.
Mademoiselle du Brocquard.
Monsieur, vous savez que de tout temps, je me suis opposée à cette alliance. Je suis venue ici contre mon gré, et tout n'est pas fini entre les Vassy et nous, en donnant à mon neveu toute ma fortune, et me contentant d'une modique pension, tout est réparable...
Duprè.
Ainsi, vous rompez...
Allons, Monsieur, des portiers...
Duprè.
Ces portiers étaient tout à l'heure des gens bien estimables... Tenez, j'ai le cœur gros de haine, et vous entendrez ce que j'ai à vous dire. Vous vous êtes plaints de l'aristocratie et des nobles d'autrefois ! Vous êtes pires, et l'argent est une infâme chose, pour vous il n'y a ni sentiments nobles, ni patrie, ni dévouement,