‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 28 sur 632 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Lafouraille, seul.

Si mon père vivait, il ne me reprocherait pas de fréquenter la mauvaise société. J'ai encore passé presque toute la nuit avec des valets de ministres, des chasseurs d'ambassades, des cochers de ducs et pairs, des gens respectables qui ne volent que leurs maîtres !... notre jeune homme dansait avec une jolie fille dont les cheveux étaient saupoudrés d'un million de diamants et il ne faisait attention [qu'au bouquet qu'elle avait à sa main : simple jeune homme va !... j'espère bien que Jacques Collin, Dieu ! s'il m'entendait !... que Monsieur Vautrin nous fera mettre la main sur la dot et sur tous les diamants !... Voilà six mois que je porte l'habit des gens de justice, la livrée des honnêtes gens, ça me gêne les bras ! celle de Brest me gênait les pieds1, nous ne sommes pas ici-bas pour avoir nos aises !... [le père Vautrin a de singulières idées !...

Qui croirait que cet homme m'inspire plus de sentiments respectueux qu'un juge2 !... mais voilà le capitaine3.

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