‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 287 sur 632 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ADRIEN, seul.

Délicieuse fille, naïve, aimante80, un cœur d'or ! je ne sais à quoi me résoudre ! me voici garçon ébéniste, à deux pas de l'endroit où le duc de Richelieu s'est fait garçon tapissier81, et82 tout en me laissant aller à ma passion, je me suis donné le plaisir de faire l'éducation83 de cette pauvre enfant. J'ai découvert en elle tant d'esprit allié à tant de raison, tant de grâce vraie à tant de beauté84 que je l'aime maintenant pour elle — Elle85 a une intelligence qui lui permet de tout apprendre à merveille, elle a la plus délicieuse voix du monde86, ce serait une femme accomplie après un an ou deux employés à l'élever... mais être le gendre de Richard Cœurd'Éponge ! La tromper, l'emmener en Suisse, en Italie ; la guerre est partout. Rester à Paris, le père nous87 découvrirait et je le connais mieux qu'elle ne le connaît, le bonhomme me tuerait sans me prévenir, il ne sait pas ce que c'est que de se saluer avant de se tirer, à vingt pas l'un de l'autre un coup de pistolet.

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