‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 304 sur 632 · acte i, scène · texte numérisé non relu

acte i, scène

Anatole.

Vous n'avez rien à craindre. Le père Richard, mon bourgeois, est plus que jamais digne de son surnom de cœur d'épongé. Il ne cesse de boire pour s'étourdir sur les malheurs de la République et s'il s'avisait de se plaindre on le coffrerait comme conspirateur.

Marignac.

Avoue, Anatole, que c'est presque une défaite que de ne pouvoir obtenir cette petite faubourienne qu'en simulant un mariage.

Anatole.

Nous n'avons exclu16 aucun moyen.

Verville, à Marignac.

Tais-toi-donc. (Haut.) Oui, nous avons purement et simplement parié qu'Anatole qui avait tant de succès auprès des femmes à la mode ne les devait qu'à la licence des mœurs actuelles et qu'il échouerait auprès d'une fille17 simple et naturelle... Et c'est toimême, Marignac, qui as dit « comme celle-ci » en montrant une jolie petite citoyenne qui passait...

Anatole.

Elle ne passait pas, elle était occupée à relever son père qui essayait de marcher à plat ventre.

Marignac.

Nous n'allions pas non plus très droit, car nous nous étions grisés à la Galiote18 pour oublier les malheurs de la patrie19.

Firmin, [à part].

Comme si ces gens-là avaient une patrie ! Il n'y a que les patriotes qui aient une patrie.

Anatole.

Vous permettez.

Verville.

Comment donc.

Anatole sort.

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