SCÈNE PREMIÈRE
MONIPODIO, enveloppé dans un manteau, assis sous le balcon3
du palais Brancadori. QUINOLA se glisse4 avec des précautions
de voleur, et frôle Monipodio.
Monipodio.
Qui marche ainsi dans mes souliers ?
Quinola.
Un gentilhomme qui n'en a plus.
Quinola est déguenillé comme à son entrée au prologue.
Monipodio.
On dirait la voix de Lavradi.
Quinola.
Monipodio !... je te croyais... pendu.
MONIPODIO.
Je te croyais roué de coups en Afrique5.
Quinola.
Hélas ! on en reçoit partout.
Monipodio.
Tu as l'audace de te promener ici ?
Quinola.
Tu y restes bien. Moi, j'ai dans ma résille~mes^lettres~de~grâce. En attendant un marquisat et une famille, jejne nomme Quinola6.
Monipodio.
A qui donc as-tu volé ta grâce ?
Quinola.
Au roi.
Monipodio.
Tu as vu le roi ? (Il le flaire.) Et tu sens la misère...
Quinola.
Comme un grenier de poète. Et que fais-tu^?
Monipodio.
Eien.
Quinola.
C'est bientôt fait ; si7 ça te donne des rentes, je me sens du goût pour ta profession.
Monipodio.
J'étais bien incompris, mon ami ! Traqué par nos ennemis politiques
Les corrégidors, alcades et alguazils.