‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 375 sur 632 · FAUSTINE, MATHIEU MAGIS · texte numérisé non relu

FAUSTINE, MATHIEU MAGIS

Mathieu Magis.

Madame a besoin de mes petits services ?

Faustine.

Qui donc êtes-vous ?

Mathieu Magis.

Mathieu Magis, pauvre Lombard de Milan, pour vous servir.

Faustine.

Vous prêtez ?..

Mathieu Magis.

Sur de bons gages, des diamants, de For, un bien petit commerce. Les pertes nous écrasent, Madame. L'argent dort souvent. Ah ! c'est un dur travail que de cultiver les maravédis. Une seule mauvaise affaire emporte le profit de dix bonnes, car nous hasardons mille écus dans les mains d'un prodigue pour en gagner trois cents, et voilà ce qui renchérit ce prêt. Le monde est injuste à notre égard.

Faustine.

Êtes-vous Juif ?

Mathieu Magis.

Comment l'entendez-vous ?

De religion ?

Mathieu Magis.

Je suis Lombard et catholique, Madame.

534 les ressources de quinola.

Faustine.

Ceci me contrarie.

Mathieu Magis.

Madame m'aurait voulu...

Faustine.

Oui, dans les griffes de l'Inquisition.

Mathieu Magis.

Et pourquoi ?

Faustine.

Pour être sûre de votre fidélité.

Mathieu Magis.

J'ai bien des secrets dans ma caisse, Madame.

Faustine.

Si j'avais votre fortune entre les mains ?

Mathieu Magis.

Vous auriez mon âme.

Faustine, à part.

H faut se l'attacher par l'intérêt, cela est clair. (Haut.) Vous prêtez ?

Mathieu Magis.

Au denier cinq.

Faustine.

Vous vous méprenez toujours. Écoutez ? vous prêtez votre nom au seigneur Avaloros.

Mathieu Magis.

Je connais le seigneur Avaloros, un banquier93, nous faisons quelques affaires, mais il a un trop beau nom sur la place et trop

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