ACTE III, SCÈNE
QUINOLA
Il les emprunte à la nature ; l'invention, c'est d'emprunter89... Alors... au moyen de quelques pistons, car en mécanique... vous savez...
Don Ramon.
Oui, Monsieur, je sais la mécanique.
Quinola.
Eh ! bien, la manière de communiquer une force90 est une niaiserie, un rien, une ficelle comme dans le tourne-broche...
Don Ramon.
Ah ! il y a un tourne-broche91 ?
Quinola.
Il y en a deux, et la force est telle qu'elle soulèverait des montagnes qui sauteraient comme des béliers... C'est prédit par le roi David92.
Don Ramon.
Monsieur, vous avez raison, le nuage, c'est de l'eau93...
Quinola.
L'eau, Monsieur ?... Hé ! c'est le monde. Sans eau, vous ne pourriez... c'est clair. Eh ! bien, voilà sur quoi repose l'invention de mon petit-fils94 : l'eau domptera l'eau. 0 plus 0, voilà la formule95.
Don Ramon [, à part].
Il emploie des termes incompréhensibles.
Quinola.
Vous comprenez ?
Parfaitement.
Quinola, à part.
Cet homme est horriblement bête96. (Haut.) Je vous ai parlé la langue des vrais savants97...
Mathieu Magis, à Monipodio.
Qui donc est ce seigneur si savant ?
Monipodio.
Un homme immense auprès de qui je m'instruis dans la balistique, le directeur de l'arsenal de Venise qui va vous rembourser ce soir pour le compte de la république98.
Mathieu Magis.
Courons avertir madame Brancador, elle est de Venise.
Il sort.