ACTE III, SCÈNE
FONTANARÈS.
Qui vous dit que j'en aie besoin ?
Marie.
Alfonso, s'il pouvait vous faire réussir.
FONTANARÈS.
Ah ! jusqu'à elle qui doute de moi113.
Marie.
On le dit si savant !
Lothundiaz.
Le présomptueux ! il croit en savoir plus que tous les savants du monde.
Sarpi.
Je suis amené par une question qui a éveillé la sollicitude du vice-roi : vous avez depuis bientôt dix mois114 un vaisseau de l'État, et vous en devez compte.
FONTANARÈS.
Le roi n'a pas fixé de terme à mes travaux.
Sarpi.
L'administration de la Catalogne a le droit d'en exiger un, et nous avons reçu des ministres un ordre à cet égard. (Mouvement de surprise chez Fontanarès115.) Oh ! prenez tout votre temps : nous ne voulons pas contrarier un homme tel que vous. Seulement, nous pensons que vous ne voulez pas éluder la peine qui pèse sur votre tête, en gardant le vaisseau jusqu'à la fin de vos jours.
Marie.
Quelle peine ?
Fontanarès.
Je joue ma tête.
566 les ressources de quinola.
Makie.
La mort ! et vous me refusez.
FONTANARÈS.
Dans trois mois, comte Sarpi, et sans aide, j'aurai fini mon œuvre. Vous verrez alors un des plus grands spectacles116 qu'un homme puisse donner à son siècle.
Sarpi.
Voici votre engagement, signez-le.
Fontanarès va signer.
Marie.
Adieu, mon ami ! Si vous succombiez dans cette lutte, je crois que je vous aimerais encore davantage.
Lothundiaz.
Venez, ma fille, cet homme est fou.
Don Ramon.
Jeune homme ! lisez mes traités.
Sarpi.
Adieu, futur grand d'Espagne.117