‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 413 sur 632 · LES MÊMES, MARIE LOTHUNDIAZ · texte numérisé non relu

LES MÊMES, MARIE LOTHUNDIAZ

Au moment où les Alguasils s'emparent de Fontanarès, Marie paraît en novice, accompagnée d'un moine et de deux sœurs.

Marie Lothundiaz, au vice-roi.

Monseigneur, je viens d'apprendre28 comment en voulant préserver Fontanarès de la rage29 de ses ennemis, je l'ai perdu ; mais on m'a permis de rendre hommage à la vérité : j'ai remis moimême à Quinola mes pierreries et mes épargnes. (Mouvement chez Lothundiaz.) Elles m'appartenaient, mon père, et Dieu veuille que vous n'ayez pas un jour à déplorer votre aveuglement.

Quinola, se débarrassant de son manteau. Ouf, je respire à l'aise !

Fontanarès, il plie le genou devant Marie.

Merci, brillant et pur amour par qui je me rattache au ciel pour y puiser l'espérance et la foi ! vous venez de sauver mon honneur.

576 les ressources de quinola.

Marie.

N' est-il pas le mien ? la gloire viendra.

FONTANARÈS.

Hélas, mon œuvre est dispersée en cent mains avares qui ne la rendraient que contre autant d'or qu'elle en a coûté. Je doublerais ma dette et n'arriverais plus à temps. Tout est fini.

Faustine, à Marie.

Sacrifiez-vous, et il est sauvé.

Marie.

Mon père ? Et vous, comte Sarpi ? (A part.) J'en mourrai ! (Haut.) Consentez-vous à donner tout ce qu'exige la réussite de l'entreprise faite par le seigneur Fontanarès ? à ce prix, je vous obéirai, mon père. (A Faustine.) Je me dévoue Madame !

Faustine.

Vous êtes sublime, mon ange. (A part.) J'en suis donc enfin délivrée30 !

Fontanarès.

Arrêtez, Marie ! j'aime mieux la lutte et ses périls, j'aime mieux la mort que de vous perdre ainsi.

Marie.

Tu m'aimes donc mieux que la gloire ? (Au vice-roi.) Monseigneur, vous ferez rendre à Quinola mes pierreries. Je retourne heureuse au couvent : ou à lui, ou à Dieu !

Est-il donc sorcier ?

Quinola.

Cette jeune fille me ferait réaimer les femmes.

Faustine, à Sarpi, au vice-roi, et à Avaloros. Ne le dompterons-nous donc pas31 ?

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