‹ Œuvres complètes de M. de BalzacChapitre 56 sur 632 · VAUTRIN, LA DUCHESSE · texte numérisé non relu

VAUTRIN, LA DUCHESSE

Vautrin, à part.

Me voilà maître du terrain. Cette bonne duchesse n'est pas forte.

La Duchesse, [à part].

Il a bien le visage de nos mexicains.

Vautrin.

Je suis un franc soldat, Madame la duchesse, simple capitaine, il y a huit mois. Iturbide l'Empereur, mon maître qui se connaît en hommes, qualité la plus précieuse chez les souverains4, me distingua et me fit général, je justifiai son choix et comme Napoléon, il pensa qu'un général pouvait être diplomate, mais je vais prendre la diplomatie à revers, je vais faire de la franchise, oui je la crois un immense élément de succès pour les jeunes états. Je ne veux ni mentir ni tromper, ni dire même le contraire de ma pensée. Je ne sais si je m'abuse... avec vous donc encore moins qu'avec les chancelleries européennes, je ne saurais user de finesse.

La Duchesse.

Monsieur !... (A part.) Où veut-il en venir ? (Haut.) Avons-nous donc des affaires d'État ?...

Vautrin.

Le duc a trouvé le jeune Amoagos fort à son goût et vous savez que quand les pères estiment un jeune homme, ils se figurent que leur fille l'aimera, mais ils se trompent souvent...

La Duchesse.

Vous me faites frémir, Monsieur, un Mexicain pour ma fille ?...

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