SUR LE CHANGEMENT DE MINISTÈRE
(Conservateur, janvier 1819.)
A l'instant que la guerre s’éloignait de
nos frontières, la division éclatait dans le sein du ministère. Les étrangers félicitaient notre administration de la marche qu elle avait suivie, et notre administration ellemême jugeait que cette marche n’était pas la plus sûre, puisqu'elle proposait une place éminente dans une administration à un député connu par la constance et la fermeté de son opposition à l’ancienne. :
Dans une monarchie indépendante, un changement de ministère est une intrigue; sous un gouvernement représentatif, il est un système.
Comme le ministère est obligé, drus ces gouvernements, de marcher sur une ligne mathématique, une ligne sans largeur, entre la constitution royale et la constitution populaire, et que tandis qu’il tient les rênes, d’autres poussent aux roues avec des forces uécessairement inégales et variables, il est entraîné en deçà ou au delà de la ligne constitutionnelle, sans qu’il puisse s’en défendre. Quand il a trop versé d’un côté, il faut qu’il se rejette de l’autre; et alors un changement de ministère devient nécessaire, parce qu'un changement de conduite est devenu inévitable. On veut suivre une autre route, et on prend d’autres guides,
Dans ces sortes d'Etats, on regarde comme un dogme l’unité du ministère, etavec raison, parce que le ministère doit être un, partout où les principes de la constitution sont deux, sous peine aux ministres de ne pouvoir marcher ensemble; et cependant il n’y a pas de gouvernement où il soit plus difficile de former ou de maintenir cette unité. En effet, les constitutions représentatives n'ayant rien d’absolu, et n’étant qu’une combinaison artificielle et plus ou moins ingénieuse de notre esprit et de nos intérêts personnels, chaque ministre, suivant la trempe de son esprit ou de son caractère, entre plus ou moins dans ce système factice, et prend ou laisse plus ou moins des deux systèmes opposés dont il est formé.
C'est Jà l’histoire et la raison de tous les
changements de ministère en Angleterre ;
ministère tantôt wigh et tantôt éory, et souvent aussi difficile à former d'éléments compatibles que facile à se dissoudre par incompatibilité d'éléments.
Cette forme de constitution, devenue l’unique pensée ( de l’Europe, à eme moins de dangers pour le ministère anglais que pour le nôtre, parce que leur ministère est plus à à l'aise dans leur système, et marche : d'un pas plus assuré dans une voie plus large. Les Anglais n'ont pas fait leur constilution a priori : elle à pris racine dans le sein d’une royauté souvent même trop arbitraire , et s’est développée à l’aide du temps et des événements. Chez eux, la monarchie est l’ainée, et la république la cadette; et l’une, avec raison, a pris jusqu'ici le pas sur l’autre. En France, nous ayons. écrit notre constitution, et nous nous sommes imposé la nécessité d'interpréter. nous- -mêmes notre écriture. La monarchie nouvelle et la république sont nées ensemble de la révolution; et ces deux jumelles, comme Jacob et Esaü, se battent dans le sein de leur mère. Le temps, en Angleterre, explique la constitution et la modifie, pour l'appliquer aux besoins des hommes ; en France, les hommes l'expliquent et la modifient, pour l’appliquer aux nécessités des temps. Or, si l’on peut parler ainsi, le temps fait toujours tout à temps, et . hommes, trop souvent, font tout à contre- -temps.
Prenons pour exemple, chez ces deux peuples, le mode des élections. Tout bizarre qu'il est ou paraît être en Angleterre, j'ose dire que le temps, et le temps tout seul, l'a singulièrement adapté aux circonstances où se trouve tout peuple puissant et riche, chez qui de prodigieuses inégalités de fortune peuvent allumer d’ardentes cupidités et produire de grands bouleversements de propriétés. Les propriétaires et le gouvernement y sont devenus, de fait, les maîtres des élections ; et s’il en résulte dans quelques lieux de ces scènes de désordre, que le peuple partout prend pour de la liberté, il en sort, comme effet définitif et en réalié, une sécurité générale pour les propriétaires,
premiers intéressés au maintien de la s0ciété civile, et pour la propriété qui en est le premier intérêt. Là, on n’a pas cru avoir besoin de patentés à cent écus pour représenter et garantir la propriété mobilière ;on a vu des producteurs dans les seuls propriétaires de terres, des consommateurs dans tout le reste, et on a cru qu'il suffisait de garantir la reproduction pour cad la consommation.
En France, nous avons fait une représentation adéquate, uniformément distribuée sur toute la surface du territoire, exactement répartie entre les possesseurs de capitaux et les propriétaires de terre. Rien de plus régulier et de plus tranquille que nos colléges électoraux, dont nous avons réglé, par une loi, les fonctions les plus minutieuses, où tout est fixé avec la dernière précision, jusqu’à l’heure des séances et le nombre de jours qu’elles doivent durer; et avec cette régularité matérielle nous sentons tous, après deux ou trois ans d'exécution, le vice moral de la loi, et qu’elle doit nous conduire à un bouleversement total, pour peu que l'autorité sommeille, et même quand lle aurait les yeux ouverts, et nous y trouvons tous des motifs égaux à de douloureuses craintes ou à de coupables espérances.
Ainsi, en Angleterre, la loi ou plutôt la coutume est sage dans son principe, parce qu'elle est monarchique, et l'exécution quelquefois tumultueuse; en France la loi est
fausse, parce qu elle est démocratique, et
son exécution paisible et régulière. Je sais | bien qu'on croit en sauver le danger par l'influence que peut prendre le gouvernement sur les élections. En Angleterre aussi, le gouvernement se sert de son influence pour diriger les choix. Mais là, l’action de l'administration est secondée par la loi:ici
celle sera toujours contrariée par elle, et ce qui contrarie toujours finit par l'emporter.
L'Etat en France avait donc beaucoup trop versé du côté populaire: le danger est devenu évident pour la France et même pour l'Europe; et il a paru nécessaire de sortir de l’ornière pour regagner le milieu du pavé, sauf à retomber bientôt du même côté; ear c’est toujours à gauche que penche la voiture, dont tant de choses depuis trois ans ont dérangé l'équilibre.
L'ancien ministère s'est donc dissous, et avec éclat. Cette unité de ministère, à laquelle on avait fait depuis trois ans tant de sacrifices, n’a pu le sauver d’un renouyelle-
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ment à peu près total ; et telle est l'ingralitude des gouvernements ou la vanité de nos admirations, qu’il ne reste plus aujourd'hui à la tête des affaires qu’un seul des ministres signataires de l’ordonnance du 5 septembre; de cette ordonnance à jamais fameuse qui avait, dit-on, sauvé la patrie et remis à flot le vaisseau de l'Etat: service immense, et qui aurait dû assurer à ses auteurs une existence au ministère, immortelle comme leur gloire. Tous cependani, hors un seul, ont disparu de la scène, plus regrettés peut-être de ceux qui avaient souffert de cette mesure que de ceux quien avaient profité.
Cependant, dans le dernier changement, les apparences semblent contredire mon opinion sur la raison du changement lui-même, puisqu'il paraît que les ministres qu’on pouvait croire plus vivement frappés du danger du système suivi jusqu’à présent, ont été remplacés par d’autres. A voir même le ton de certains journaux et la jubilation de quelques hommes, on dirait qu'ils se flattent que cette révolution ministérielle, loin d’être un changement de système, n'aura été qu’un moyen de marcher plus vite et plus avant dans leur système favori, et déjà ils se hâtent de compromettre le ministère par leurs espérances et leurs éloges. Quand cela serait, il y aurait cu dans cette révolutio1 plus de système que d’intrigue, et ma remarque sur la raison des changements de ministère qui arrivent dans les gouvernements mixtes, subsisterait dans toute sa force.
Mais enfin, où veulent nous mener les partisans de ce système? « Nous voulons la Char. te, » disent:ils, «toute la Charte, et rien qu: la Charte. » Je le crois : mais c’est une chos: bien digne de remarque que les différentes constitutions que la France a reçues de sa révolution ont toujours été renversées par ceux qui s'en proclamaient les seuls amis et les plus ardents défenseurs, et qui les ont perdues à force d’exiger des sûretés et des garanties ; à peu près comme une mère falble ruine, avec des ménagements excessifs, la santé de l’enfant qu’elle idolâtre.
Je ne doute pas que si d’honnèêtes gens avaient été seuls appelés à exécuter, dans tout ce qui était exécutable, ces différentes constitutions qu’ils n'approuvaient certainement pas, ils n'eussent prolongé leur existence bien au delà du terme où elles ont fini, ct ne les eussent rendues supportables.
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C'est que les honnêtes gens corrigent par la sagesse, la prudence, la probité de leur conduite, et leur considération personnelle {premier moyen d'administration), le vice des plus mauvaises constitutions, semblables à d’habiles marins, qui soutiennent sur l’eau, à force d’art et de science, le bâtiment
mal gréé et mal équipé dont on leur a confié le commandement. |
On a regardé l'ordonnance du 5 septembre comme le salut de la charte, et je crois avec une entière sincérité qu’elle lui a porté un coup funeste, et, à supposer qu’elle eût des ennemis, ce que je n’accerde pas, car des censeurs ne sont pas des ennemis, mieux eût valu, comme dit le proverbe, de sages ennemis que d’indiscrets amis.
Elle est menacée de tomber aux mains d'amis très-exclusifs qui s’enrouent à crier: La charte, toute la charte, et qui s’offensent comme d’une injure personnelle du moindre défaut remarqué dans cette dume de leurs pensées. À leurs yeux, et l’homme qui con-
damne avec connaissance de cause, et l'homme moins éclairé qui suspend son jugement, sont autant d’ennemis dominés par les plus viles passions, et ils oublient que si Je nil admirari d'Horace, qui signifieaussi
bien ne s’engouer de rien, que ne rien dé-
sirer, fait l'homme heureux, il fait aussi presque toujours l'homme habile etl’homme d'esprit. Aussi, dans leur ombrageuse susceptibilité très-bien calculée d’ailleurs pour leurs vues personnelles, en même temps qu'ils accusent de haïr la charte les hommes qui l’aiment certainement plus qu’eux-mêmes, et dont ils redoutent la concurrence aux honneurs et aux places qu’elle confère, ils ne cessent de demander au gouvernement des garanties pour lesavantages qu’elle assure, et qu’il ne peut leur donner sans renverser la charte.
Ainsi ja garantie de la liberté de tous est à leurs yeux la licence pour eux et l’oppression pour tous les autres; la garantie de l’égalité est l’éloignement de tous les emplois, de tout ce qui n’est pas eux; la garantie de la monarchie est la proscription de la noblesse et l'établissement du gouvernement républicain; la garantie de la légitimité un changement de dynastie; la garantie de la liberté des cultes la haine du clergé, l’oppression de la religion de l'Etat, et le triomphe des religions dissidentes; la garantie des amnisties l'impunité de tous les coupebles ; et, étendant leurs craintes jusque sur
l'avenir, ils veulent, pour garantie des sentiments constitutionnels des générations fu tures, l’anéantissement de tout système religieux d'éducation et la corruption de toute morale. C'est donc réellement le sacrifice de tout ce que la charte a voulu nous donner qu’ils exigent comme garantie de ce qu’elle donne.
Le roi a voulu faire de la charte un baume pour adoucir des plaies, et ils en font un caustique pour les irriter ; et, avec tout cela, s'ils savent où ils veulent aller, ils ne savent pas du tout où ils vont. La révolution n’a été dans tout son cours qu'une suite de mystifictions, je veux dire d'événements amenés contre les vues et les intérêts de ceux qui croyaient les diriger, d'effets en contradiction avec les causes apparentes et les moyens connus; devant lesquels les meneurs, même les plus habiles, sont restés muets d’étonnement et confondus de leur imprévoyance.
Les nôtres, cependant, n’ont rien négligé
pour assurer leurs succès. Comme il était absurde dans les termes et impossible à persuader que les royalistes ne voulussent pas de la monarchie, même constitutionnelle, qui leur rendait le roi et sa famille, premiers objets de leurs affections, ou que les révolutionnaires en voulussent sincèrement, ils ont, d’un coup de baguette, fait disparaître
les uns et les autres, et les ont métamor-
phosés en ultras et en indépendants, ayant soin de prendre pour eux-mêmes le nom le plus honorable, et de donner aux autres un nom dont ils voulaient faire une injure. Les ultras ont donc été les amis trop zélés de la monarchie, les indépendants les amis sages et modérés des institutions républicaines.
Chose étrange, assurément! La république une et indivisible ne voulait être servie que par des enragés ; Bonaparte ne comptait que sur des hommes dévoués; et on sait tout ce que ce mot signifiait dans sa bouche. Il n’y aeu que la royauté, cetie clef de voûte, ce lien universel de la société, qui dût être l’objet d’un sentiment bien calme et bien mesuré de la part des uns, et d’indifférence ou de support de la part des autres; et comme l'administration a agi en conséquence envers ses agents, le peuple, naturellement exagéré, qui ne comprend rien au reproche d’exagération, a dû croire, sur des exemples bien plus puissants que des leçons, que l’attachement au roi était un tort, et la fidélité une duperie, Le ministère n’a voulu pour lui-même ni
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d’un non injurieux, ni d’un nom suspect; et, pour ne pas être ultra ou indépendant, il s’est fait constitutionnel, état, je l'avoue, ou situation politique que je n’ai jamais comprise, quoiqu’on ait pris bien des fois la peine de me l'expliquer.
Le ministère s’est donc désormais condamné au balancement, comme Hxion à sa roue ; état d'équilibre et d'inquiétude, qui est ce qu’on peut imaginer de moins compatible avec l’idée qu’on se forme de la fixité, de la stabilité, de la fermeté d’un gouvernement; état périlleux pour une nation, inquiétant pour le ministère, qui, dans les vicissitudes de sa fortune, assez porté à croire que la société ne peut lui survivre longtemps, se hâte de passer à son successeur la société qui vit encore, decrainte qu’elle ne finisse dans ses mains. |
Dans cet état violent de tension et d’équilibre où se trouve le corps sôcial, le moindre événement communique un ébranlement aux esprits disposés à une extrême sensibilité. Il suffira donc de la destitution ou de la nomination de quelques agents subordonnés, pour éveiller des craintes ou faire naître des espérances : et le nom seul des hommes placés ou déplacés sera comme l'aiguille de ces cadrans qui marquent, dans certaines mécaniques, l'intensité et la direction du mouvement.
Cet état habituel d’oscillation ést insupportable aux forts esprits et aux caractères décidés, les plus propres cependant au gouvernement des empires; et c’est ce qui fait qu’en Angleterre, les plus grands hommes d'Etat ont été accusés, et je crois avec raison, de vouloir étendre la prérogative royale; ce qui signifie en d’autres termes, fixer les balancements du pouvoir. Cet équilibre entre des forces et des principes opnosés demande, de la part des premiers agents de l’autorité, de l’adresse, de la ruse, plus de connaissance de ce qu’il y a de vicieux et de faible dans le cœur de l’homme, que de ce qu’il y a de fort et de bon, beaucoup d’art enfin, et de ce qu'on appelle de l’esprit et de la souplesse, qui deviennent plus eommuns parmi nous que la force du caractère, la fixité des principes, la franchise des sentiments.
Dans ces gouvernements jamais au repos et lout en discussions, on à plus besoin d'hommes actifs que d'hommes forts, plus de gens qui parlent que de gens qui pensent, et les ministres sont exposés à prendre
pour du talent la facilité à faire, et dés sophismes improvisés pour des vérités méditées.
L'art de gouverner devient insensiblement Part d’istriguer en grand; et comme rien ne tue le génie des affaires comme l'esprit d'intrigue, les ministres absorbés déjà par le courant des affaires particulières, les détails
journaliers de administration, les bien-
Séances de la représentation, ne peuvent porter dans la direction générale des affaires, ces méditations profondes, cette attention soutenue, cette liberté d’esprit que demandent d’aussi grands intérêts. Ils multiplient autour d’eux les conseils et les comités pour penser à leur place; heureux s’il leur reste le temps de signerl et l’administration devient à la fois plus dispendieuse et moins expéditive.
Si j'avais des conseils à donner au ministère, et il pourrait en recevoir de moins àmis, de moins désintéressés et peut-être de moins éclairés, je lui dirais : « Toute constitution représentative pousse à la dé- Mmocratie, et par conséquent aux révolutions, puisqu'elle admet la démocratie comme élé:
ment nécessaire du pouvoir. C’est un ver placé au cœur de l'arbre; il est inutile de le dissimuler, et il faut connaître le danger pour le combattre. Mais, quand le danger vient de la constitution, le remède ne peut être que dans l’administration, et elle doit être plus monarchique à mesure que la constitution renfermera plus de démoeratie.
C'est par là que l’Angleterre s’est sauvée jusqu'ici d’un péril moins grand chez elle qu'il ne l’est aujourd’hui en France: car, en Angleterre, ia constitution est moins dé:
mocratique qu’elle ne l’est chez nous, précisément parce qu’elle est moins positive, et son administration est beaucoup plus monarchique que la nôtre, parce qu’elle ne s’est ressentie en rien des changements survenus à la constitution, et qu’elle est au: jourd’hui ce qu’elle était sous les Tuder.
Mais partout où les institutions, faibles ou absentes, ne sont pas ou ne sont rien, les hommes sont tout ; et malgré les apparences, et quoique le roi confère tous les emplois, accorde toutes les grâces, signe tous Îes brevets, et intitule de son nom tous les jugements, toute cette monarchie d’administration ne serait que du papier, si ces formes royales n'étaient employées qu’à décourager l'esprit monarchique et à envahir l'esprit populaire. Or, voyez et jugez. Gependant, 1
OEuvres comez. pe M, DE Bonazo. I 93
ne faut pas s’y tromper : quand la France tombait dans la démocratie, tout ce qui a voulu s'opposer à cette tendance a été écrasé sous les roues. Quand elle remonte à la monarchie, tout ce qui voudrait s’opposer par système à cet effort plus irrésistible, parce que le but est plus naturel, serait tôt ou tard infailliblement écarté, et peut-être ne faudrait-il pas remonter bien loin pour en trouver déjà des exemples, En vain les hommes veulent gouverner la France pour eux et leurs pelits intérêts; elle ne peut pas même être gouvernée seulement pour elle, et elle appartient à toute l'Europe. L'Europe qui a besoin des blés de la Pologne,des soies de l'Espagne et des chanvres de la Russie, a besoin des exemples et des leçons de la France dont les doctrines sont les doctrines de l’Europe, puisque sa langue en est la