‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 118 sur 347 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CARLOS, SPINOLA, UN SOLDAT, gardes.

SPINOLA

HiN vain conduit aux pieds du tribunal sévère i^'avec un saint effroi tout Castillan révère , Vous avez répondu par un silence altier, Et sans daigner descendre à vous justifier. [1 pardonne à l'infant cette orgueilleuse audace; Mais à Tinfant coupable il ne peut faire grâce ; Et les lois de l'Église ont réglé votre sort : Un arr^t vous condamne.

CARLOS

A la mort ?

SPINOLA

A la mort.

CARLOS

£h bien ! jouissez donc de cette horrible fête. Qu'attendent les bourreaux quand la victime est prête? Qu'elle tombe aujourd'hui dans ces mêmes remparts Oïl du vainqueur hier flottaient les étendards.

D'Albe triomphera près du roi des deux mondes, Près du Roi tourmenté de ses terreurs profondes , Du meurtrier d'un peuple osant toucher la main, £t condamnant son fils convaincu d'être humain. Au sein du deuil public , parmi les chants des prêtres, Tranquille, paraîtra Théritier de vos maîtres, Carlos allant braver la honte et le trépas, Marchant du même front qu'il marchait aux combats. On vit Charles vivant couronner sa famille : Il fit monter Philippe au trône de Castille. Philippe à mes exploits réserve un autre prix : On verra sur quel trône il fait monter son fils.

SPIirOLA.

Le poison , le secret : telle est notre sentence.

CABLOS.

Mon père approuve-t-il cet excès de clémence?

SPINOLÂ.

Philippe approuve tout

CARLOS

Faites votre devoir.

SPINOLA

Philippe entre nos mains a remis son pouvoir. Le nôtre vient de Dieu , qui rend tout légitime.

CARLOS

Dieu vous méprise bien , s'il vous condamne au cnïïit

VN SOLDAT, portant le vase de poîaon.

Prince, de vos malheurs je me sens déchirer.

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