‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 208 sur 347 · ŒDIPE, LE GRAND-PRÊTRE, LE CHŒUR · texte numérisé non relu

ŒDIPE, LE GRAND-PRÊTRE, LE CHŒUR

€BDIPE.

lljKFAirs , du vieux Cadmus postérité nouvelle , Aux portes du palais quel danger vous appelle? Pourquoi ces voiles saints , emblèmes des douleurs ? L'encens fume partout; partout je vois des pleurs. Répondez pour le peuple, ô vieillard vénérable: Que veut de supplians cette foule innombrable? U n'est rien dans ses maux qui me soit étranger. Œdipe, heureux encor s'il peut les soulager; Œdipe , dont la Grèce a vanté la fortune , Vient partager au moins l'adversité commune.

LE GRAND-PRÉTRE

Digne chef de l'État , vous voyez en ces lieux

33o QEDIPE-ROL

Le pontife éploré du souverain des Dieux , Des sacrificateurs courbés par la vieillesse, Des enfans , des guerriers , fleur de notre jeunesse. Des branches dans les mains, ou ceints de verts rameaui, Ils implorent Pallas en ses temples gémeaux. L'autel hospitalier de vos dieux domestiques, Apollon de l'Ismène et ses feAx phophétiques. Dans les flots du malheur une triste cité Lève péniblement son front ensanglanté.

Un dieu sèche l'espoir de nos champs solitaires,* Fait périr les enfans dans le sein de leu^ mères, Sur les fils d'Agénor promène ses fureurs; Et l'avare Achéron s'enrichit de nos pleurs. Ce peuple, qui jadis vous dut sa délivrance, Fait reposer sur vous sa dernière espérance. L'Olympe vous protège : il vous a secouru Quand, des murs de Corinthe en nos murs accouru, Vous avez, jeune encore, affranchi cette terre Qui du sphinx inhumain fut long-temps tributaire. Par des bienfaits nouveaux cimentez vos bienfaits; Soyez encore Œdipe , et sauvez vos sujets ; Pour nous avec les Dieux que la terre conspire; Ou bientôt, roi de nom, vous n'aurez plus d'empire; Et vos yeux , sur un sol par la mort habité , Ne verront qu'un désert où fut une cité.

ŒDIPE

Que ne puis-je , et les Dieux entendent ma prière , £n me sacrifiant sauver la ville entière!

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