‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 212 sur 347 · CREDIT · texte numérisé non relu

CREDIT

On forma des soupçons; on parla de complices; On voulut du forfait suivre tous les indices. Telle est d'un peuple ému la première chaleur: Du nom de la vengeance il nourrit sa douleur. On négligea depuis des rigueurs légitimes; Le sphinx à chaque instant dévorait ses victimes ; Et jusqu'au souvenir d'un désastre passé Par le danger présent fîit bientôt d&oé.

OBDIPE.

Quand vous avez, Thébains, oublié la justice.

Ne vous étonnez pas que le ciel vous punisse. Si vos maux sont cruels, vos maux sont mérités : Fallait-il que des Dieux, justement irrités, Au sein de vos remparts le courroux vînt descendre? D'un héros massacré vous entendiez la cendre. Successeur de Laïus, je veux être son fils ; De ses mânes vengeurs j'apaiserai les cris; Pour la seconde fois j'affranchirai ces rives. Rassurez-vous, enfiams, dont les tribus plaintives De pleurs religieux ont baigné ces autels : La voix des supplians fléchit les immortels. Vous, pontifes, rentrez au fond du sanctuaire; Et vous, sage Créon, mon allié, mon frère. Venez avec Œdipe, auprès de votre sœur, Dans son cœur gémissant verser quelque douceur. Thébains , remplissons tous un devoir qui nous presse ; Écoutez, retenez, rappelez- vous sans cesse Les ordres, les sermens, les vœux de votre roi.

LE CHOEUR

Pour tout le peuple, Œdipe, ils seront une loi.

GCDIPE.

Citoyen comme vous, et, dans le rang suprême.

Aux décrets du pouvoir obéissant moi-même ,

Je jure de venger l'héritier de Cadmus;

Je jure de punir J'assassiu de Laïus.

Oui, puisque notre loi n'admet pas les supplices,

Que banni des cités, exclu des sacrifices,

Privé de l'eau lustrale et de l'aspect des Dieux,

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