SCÈNE V
LE CHOEUR
Conduis-nous, ô Minerve! éclaire-nous sans cesse. Puissions-nous conserver, par tes heureux secours.
Dans nos mœurs l'austère sagesse,
La sainteté dans nos discours!
En un muet effroi que notre âme révère
Ces lois dont l'Olympe est le père.
Ces immuables lois qui descendent des cieux , Faites sans les humains , des humains souveraines ,
Des Dieux mêmes contemporaines,
Eternelles comme les Dieux.
On méconnaît en vain la suprême justice. Un roi, de ses grandeurs se laissant enivrer,
Tombé du faîte au précipice.
Fléchit sous un pouvoir qu'il feignait d'ignorer.
Nous , plus soumis et plus sincères ,
Aux Dieux vengeurs du peuplera ces Dieux néoessaires, Offrons un hommage épuré.
Malheur à qui , du ciel blessant le privilège , Foule aux pieds ses décrets, arbitres des humains!
A l'usurpateur sacrilège Qui s'ouvrit, pour régner, d'homicides chemins!
Au courtisan pusillanime Qui, pour les voluptés, pour les trésors du crime.
Dans le crime a trempé ses mains !
Et pourquoi nous mêler aux danses, aux cantiques? Pourquoi de jeux sacrés, de larmes et d'encens,
A Delphes, aux champs olympiques.
Fatiguer des dieux impuissans?
Leurs oracles sont vains , et l'on cesse d'y croire ;
Apollon, déchu de sa gloire, Voit mépriser l'arrêt qu'a dicté sou autel. Jupiter, sous tes lois si le monde respire.
Roi des Dieux, prouve ton empire;
Révèle ton règne immortel.