ATHENIENS
THÉSÉE
OuELS sont ces supplians, ô vieillards de Colone?
LE CHCKUR.
Le malheureux Œdipe et sa fille Antigone.
THÉSÉE
Levez- vous, roi célèbre, et vous, fille des rois.
GEDIPE.
Est-il vrai? d'un héros j'entends la douce voix.
Illustre infortuné, que ma pitié révère. Je voudrais, corrigeant un destin trop sévère, Vous offrir dans ma cour des soins consolateurs, Et d'un fils de Cadmus honorer les malheurs. Si pourtant vos désirs ont choisi ces retraites , Si des Dieux immortels les volontés secrètes
4o4 ŒDIPE A COLONK
En œ lieu redoutable ont arrêté vos pas, Aux Dieux , à vos désirs je ne résiste pas. Vous n'ordonnerez rien qui me soit impossible. J'appris de l'infortune à devenir sensible; Vous souffrez : mon devoir est de vous secourir. Mortel, ainsi que vous, je naquis pour souffrir: Jeune encor, j'ai des maux la longue expérience; J'ai traîné dans l'exil mon orageuse enùmce. L'éclat d'un jour plus pur n'éblouit point mes yeux : Les humains ont l'espoir, l'avenir est aux Dieux.
GEDIPE.
Ah! le ciel vous devait cet empire en partage: Un sage souverain mérite un peuple sage. Je reconnais en vous le sang des immortels; Et c'est par ce diemin qu'on s'élève aux autels. Mais , en un palais , moi , long-temps privé d'asile , Moi, que je cherche encore une pompe stérile! Je viens, de mes malheurs déposant le fardeau. En des lieux sans éclat demander un tombeau.
THlêSÉE.
Vivez , vivez long-temps sur cette heureuse terre.
GEDIPE.
L'appui que vous m'offrez peut vous donner la guerre. Les Thébains en leurs murs voudront me ramener.
Et, vous-même, à l'exil pourquoi vous condamner?
GEDIPE.
Jadis ils m'ont banni : mes maux sont leur ouvrage.