SCÈNE II
MANDANE, ELENOR.
MANDANE
Le voici : quel aspect ! que mon cœur est ému !
ÉLiiroR.
0 veuve d'un héros, vous, de qui la vertu, Aux Dieux obéissante, aux malheureux propice. Devrait fléchir du sort la trop longue injustice! Disposez d'un guerrier qui vous sera soumis: Par quel bienfait peut-il, auprès de vous admis. Vous présenter ses vœux et sa reconnaissance?
OEiiTvet potthmnes. I. 4
,5o CYRUS.
MANOAKB.
Il suffit des lauriers cueillis par sa vaillance.
L'État TOUS doit beaucoup ; je vous dois plus eocor.
Je suis mère. Écoutez , généreux Élénor:
Si l'Araxe autrefois vous a vu sur sa rive
De Cambyse immolé venger l'ombre plaintive;
Au nom de mon époux, que son 61s et le mien
Dans l'appui de l'État trouve encore im soutien.
iLiiroR.
Ijui ! non pas un soutien , mais un soldat fidèle. Les héros dont il sort, le sceptre qui l'appelle, La terre qui l'attend, les Dieux qui l'ont prômU, Voilà sur quels soutiens doit compter votre fils.
MANDANE
Ah! combien ce langage est doux pour une mère! Mais quoi! durant le cours d'un destin si prospère, Aux lieux qu'en triomphant vous avez parcourus, La fortune à vos yeux n'a pas montré Cyrus ?
lÉLl^NOR.
Jamais.
Jamais!
ÉLiNOll.
Partout on me parlait sans cesse De sa gloire future et de votre tendresse, De ses malheurs-si longs et si peu mérités, Des plettris qu'il doit répandre, et qu'il vous a coûtés.
MANDANE
Devant vous un moment s'il avait pu paraître ,