GUERRIERS, PEUPLE
MANDANE
Mon fils, et vous, seigneur, que le passé s'oublie; Et béni soit le jour qui vous réconcilie ! Si le sort a changé...
Rien n'a changé pour nous,
Mandane, et votre fils est digne encor de vous. Yoûs avez cru, seigneur, condamner un rebelle: Élénor vous servit; Cyrus vous est fidèle. Mais ne haïssez point le généreux pasteur Qui de Cyrus enfant fiit le libérateur; De m'avoir trop chéri ne blâmez point Harpage ; Pardonnez à son zèle, honorez son courage; Du nom de père enfin laissez-moi vous nommer. Et conservez l'empire en le faisant aimer.
ASTYAGE
Il ne m'appartient plus, et je viens, dans ce temple, Satisfaire aux décrets du Ciel , qui nous contemple ; Tai bravé son oracle; il a dû s'accomplir; Il me reste un devoir ; je saurai le remplir : Astyage a régné. Détrôné par mon crime. Je remets aujourd'hui l'empire à ma victime.
Oubliez... '
ASTYAGE
Ah ! mon fils , un règne fortuné Justifira les Dieux , qui vous ont couronné. En bornant le pouvoir vous le rendrez durable. Quant à moi, délivré d'une frayeur coupable, Désormais, sans frémir, au pied de ces autels. J'oserai prononcer le nom des Immortels; Et de leur favori les jeunes destinées Embelliront du moins mes dernières années.