‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 3)Chapitre 139 sur 178 · DES GÉORGIQUES · texte numérisé non relu

DES GÉORGIQUES

Soltm quis direre ftbun Audeat , etc. ( Ch aivt I. )

j\ 'allez pas du soleil oégliger les présages : Que de fois il tiDiuwce, et les saag^ans orages, Et les calamités 9 Qt. les jours^ odieux , Que Le soviihre avenir caGhe- à nos faibles yeux !

D'un farouche assassin lorsque le bras impie Trancha du grand César la glorieuse vie. L'astre du jour pâlit; et luniviers tremblant Se crut à o^tte fois plo^é dans le néaat. De signes n^oaçuis quelle suite effrayante! Tout dans ces jours cruels nous glaçait d'épouvante; Tout disait nos malheurs: et la terre, el les eaux. Et les cris importuns des sinistres oiseaux. Bientôt avec fureur Etna rampant ses ckaiaes , Armé de tous ses feux, viat fondre sur bos plaines.

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Le Germain vit les cieux chargés de combattans; L'Apennin s'agita par de longs tremblemens; De lamentables voix durant les nuits gémirent; £t de spectres hideux nos forets se remplirent. Que dis-je? des Romains partageant les douleurs. Dans nos temples sacrés l'airain versa des pleurs. La terre ouvrit son sein; les animaux parlèrent!... Au milieu de leurs cours les fleuves s'arrêtèrent; L'Éridan furieux, couvrant tout de ses eaux, Engloutit les forêts, les plaines, les troupeaux; Le prêtre, consterné, dans le sein des victimes Ne lit que des malheurs , des combats et des crimes; Le Tibre avec effroi roule des flots sanglans ; Les loups dans nos cités poussent des hurlemens. Jamais en un ciel pur, en des jours sans orages, La foudre ne causa de plus fréquens ravages; Et jamais la comète, ardente au haut des cieux. N'effraya les humains de regards plus affreux.

PoiH' la seconde fois les plaines d'Emathîe Virent des ennemis ayant même patrie; Deux fois le ciel voulut que ces champs inhumains S'abreuvassent du sang des malheureux Romains.

Loin de ces tems marqués par nos guerres civiles. Un jour, le laboureur, dans ces champs trop fertiles. Courbé sur la charrue, ardent à ses travaux. Entendra se heurter les armes des héros.

DES GÉORGIQUES. /|i:i

A ses pieds rouleront les cuirasses immenses.

Et les casques pesans, et les dards, et les lances.

Il se retracera nos barbares aïeux;

Et leurs grands osseniens étonneront ses yeux.

Généreux fils de Mars, toi que Rome révère.

Et que ses citoyens reconnaissent pour père;

Et toi surtout, Yesta, dont les puissans regards;

Yeijyient au Capitole, et gardent nos remparts.

Conservez-nous César, 6 Dieux de la patrie!

Rome, pour vivre encor, a besoin de sa vie.

Pour laver d'Ilion les parjures sermens,

Notre sang et nos pleurs ont coulé trop long-tems.

Et cependant, hélas! le ciel impitoyable

Semble envier César à notre âge coupable!

Le ciel avec douleur voit ce jeune héros

Méditant chaque jour des triomphes nouveaux ,

Dans un tems où la flamme, et le fer, et les crimes»

Aux barbares humains ont paru légitimes!

Déjà plus d'abpndance au milieu des guérets; Le travail ne fait plus germer l'or de Cérès. La guerre a tout détruit : nos plaines délaissées De ronces , de chardons , sont au loin hérissées. A ses champs arraché, le triste laboureur Change sa faux paisible en glaive destructeur. De rivaux, animés d'une égale furie, Le Danube et TEuphrate inondent lltalie. Voisins contre voisins, cités contre cités:

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