ACTE V, SCENE V
SIR ARNOLD
Pour me rendre service; el j'ose l'exiger.
SIR GEORGES
Je ne résiste plus, si c'est vous obliger.
SIR ARNOLD
Tu combles tous mes vœux, et je t'en remercie. QuC'dans cet entretien Charles se justifie. Il vient. Oïl me cacher? Eh! mais, ce paravent... CiOmmeut! On nous écoute !
SIR GEORGES
Ail ! le tour est plaisant.
SIR ARNOLD
C'est, je crois, une femme.
Eh ! oui , ne vous déplaise :
Une fille de mode , une jeune Française Qui, parfois, me visite en tout bien, tout honneur. En vous voyant entrer elle a sans doute eu peur: Pour qu'on ne la vit point, ma foi, la pauvre fille A couru se cacher. Elle est assez gentille.
SIR ARNOLD
Voyons.
SIR GEORGES
Non, s'il vous plaît.
SIR ARNOLD
J'aurais un grand désir...
SIR GEORGES
Eh! non, la pauvre enfant! vous la feriez rougir.
Moi, je ne rougis point d'avouer ma faiblesse; Le sage fîiit Texcès , même dans la sagesse.
SIR ARNOLD
Bon, fîiis toujours l'excès; et, ce livre à la main. Monsieur le philosophe est, ma foi, bien malin. Mais la Française vient d'entendre à la sourdine Tout ce que nous disions de lady Joséphine: * Sur ma fenune peut-être elle ira jaser.
SIR GEORGES
Non.
Je réponds corps pour corps de sa discrétion.
Georges, compose-toi : prends un maintien sévère. Et, tout en le sondant, sermone bien ton frère. Moi, dans ce cabinet, je vais vous écouter. Allons, John, maintenant sir Charles peut monter;
(JohnsorL)
Et moi, l'oreille au guet, je reste en sentinelle. Chacun de son côté. Cachez-vous bien , la belle : Je ne regarde pas, je ne dérange rien; Votre choix est louable, et vous faites fort bien.
LADT JOSÉPHINE, la tète hors du pmTent.
Puis-^je sortir enfin sans crainte d'être vue?
SIR GEORGES
Restez, ne bougez pas, ou vous êtes perdue.
SIR ARNOLD, la tête hors da cabinet.
Sur ma femme avec art il faut l'interroger.