‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 100 sur 246 · COLIGNI, HENRI · texte numérisé non relu

COLIGNI, HENRI

COLIGNI

\Jvj i j'ai quitté pour vous les bords de la Charente :

Ainsi le désira votre mère expirante.

Ses désirs sont mes lois ; ses ordres sont suivis :

Par zèle et par devoir je m'attache à son fils.

Parmi les courtisans je viens sans confiance;

De leur génie affreux j'ai trop l'expérience;

Je crains que l'avenir ne ressemble au passé.

Par un assassinat la paix a commencé;

N'importe : Coligni, défiant, mais sincère,

Va signer aujourd'hui cette paix nécessaire.

(^uVres ancicnnei. L I ^

Du prudent l'Hospital souvent la voix propice

Fit au sein des combats respecter la justice.

•De l'orgueilleux Lorraine il est vrai que le choix

L'a proclamé jadis ministre de nos lois :

Ce choix fut commandé par l'estime publique ;

Mais, des Guises bientôt lorsque la politique

Souillait du sang français un glaive ambitieux ,

L'Hospital opposait aux cris séditieux

Des desseins toujours purs, des conseils toujours sages^;

Et ce reste imposant des vertus des vieux âge»

S'élevait au milieu des courtisans , surpris ,

Comme un grand monument planant sur des débris.

Si Médicis, fidèle aux mœurs de ses ancêtres,

Rassemble auprès du roi des flatteurs et des prêtres ;

Si d'une cour perfide il est environné;

Si de nos ennemis le souffle empoisonné

Voulut dès le berceau corrompre son enfance ;

Je crois, j'aime à penser que, pour notre défense,

Son oceur, mieux averti, lui parlera toujours.

Du moins, quand Maurevel attenta sur mes jours,

Charles vint s'affliger sous mon toit solitaire ;

Ainsi que vous, mon fils, il me nomma son père:

Sa pitié -consolante adoucit mes douleurs ;

Et mes cheveux blanchis sont mouillés de ses pleurs.

Peut-être je n'ai point fléchi ma destinée :

L'Ame de Coligni n'en est pas étonnée ;

Mon courage est à moi: le reste est au hasard.

Je ne puis opposer à la fraude, au poignard,

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