ACTE II, SCÈIIE I
t^unîr ou caresser, suivant nos intérêts, L'orgueil séditieux de vos premiers sujets; Feindre de voir en eux tout Tappui de la France; Des honneurs les plus grands enfler leur espérance; Renverser tout à coup cette gloire d*un jour; Les flatter, les gagner, les tromper tour à tour; Et , contre eux tous , enfin , m'armant de leur faiblesse, Régner par la discorde et diviser sans cesse. Quand, durant votre enfance, on vit les protestans S'unir contre la cour aux princes mécontens , De Guise et de son frère élevant la puissance, Je voulus arrêter le mal en sa naissance; Mais, devenus tous deux trop grands par mes bienfaits , Ils régnaient dans ce Louvre; et je conclus la paix. Je me fis des amis dans le parti contraire : L'ambitieux Condé, s'éloignant de son frère. Bon sujet un moment, mais afin d'être roi, Crut m'acheter lui-même, et se vendit à moi. Avec Montmorenci je vis enfin s'éteindre Le nom des triumvirs qui n'était plus à craindre: Ce vieux soldat, toujours contre moi déclaré, Rejoignit dans la tombe et Guise et Saint-*>André. Il existait encor des ligues insolentes : Contraints de recourir à des trêves sanglantes, Nous avons trop connu les différens partis ; Long-tems de leur pouvoir ils nous ont avertis, Mon fils; et, si bientôt vous n'agissez, peut-être Ce Coligni bientôt deviendra notre maître.
r.Euvre.s .inri<^nn<>A. I. ' ^
!iio CHARLES IX.
CHARLCS.
Qui? lui!
CATHERINE
J'ai dit le mot : c'est à vous de penser Si TOUS avez encor le tems de balancer. Devant vous à l'instant ne viens-je pas d'entendre Ses discours , ses conseils , ce qull ose prétendre ? Et n'avez-vous pas vu que son esprit jaloux Veut m'écarter moi-même et dominer sur vous ? Le nom de la patrie est toujours dans sa bouche; Mais de ses vains discours l'austérité farouche, Trompant quelques esprits , ne peut m'en imposer : Ses avis sont d'un maître; et j'ai dû supposer, D'après tous ces combats oii sans cesse il aspire. Qu'il veut accoutumer le Peuple à son empire.
Je l'ai souvent pensé, je le sens, je le croi.