ACTE II, SCÈNE III. aig
D'offrir à tous les yeux tout ce qui fut écrit, Aenouvello le inonde, et dans l'Europe entière 3>éja, de tous côtés, disperse la lumière; X'audace enfin succède à la timidité, Xie désir de connaître à la crédulité* Ce qui fut décidé maintenant s'examine; £t vers nous, pas à pas, la raison s achemine. La voix du préjugé se fait moins écouter; L'esprit humain s'éclaire : il commence à douter. C'est aux siècles futurs de consommer l'ouvrage. Quelque jour nos Français, si grands par le courage , Exempts du fanatisme et des dissensions , Pourront servir en tout d'exemple aux nations.
Si tels sont, Coligni, vos désirs magnanimes;
Si ces nobles projets, ces sentimens sublimes,
Soutenaient votre espoir au milieu des combats,
Quel ascendant funeste a retenu vos pas
Sous des drapeaux français qui combattaient la France ?
Ah ! souvent j'ai maudit jusqu'à votre vaillance.
Votre nom tous les jours arrivait jusqu'à moi,
Prononcé par la haine et le public effroi.
Les pleurs de mes sujets empoisonnaient ma vie :
Fatigué de grandeurs, tel inspire l'envie,
Dont les secrets ennuis méritent la pitié.
Qu'importe le pouvoir sans la douce amitié?
Coligni , si mon cœur avait su vous connaître ,
Ce cœur infortuné la sentirait peut-être;
aao CHARLES IX.
Près de vos cheveux blancs elle aurait pu remplir Mes inutiles jours perdus à vous hair.
Que n'avez-vous franchi la barrière importuue Qui du sort d'un héros séparait ma fortune ! Qu'aisément mon courroux eût été désarmé !
COLIGNI
Ce palais, votre cœur, tout nous était fermé. Excusez ma franchise, à la cour étrangère: Vous n'en redoutez point le langage sévère. Eh bien ! soufirez encore un avis généreux : De tous ceux que m'inspire en ce moment heureux, Â vous, h votre État, mon dévoûment sincère, Ce sera le dernier, mais le plus nécessaire. Sire, on vous a trompé : vos édits inconstans, Scellés presque toujours du sang des protestans , Ont annoncé chez vous un cœur faible et mobile. Dont pourrait abuser quelque imposteur habile. Évitez les malheurs des rois trop complaisans; Ne laissez point sans cesse , au gré des courtisans , Errer de main en main l'autorité suprême; Ne croyez que votre âme, et régnez par vous-même; Et , si de vos sujets vous désirez l'amour , Soyez roi de la France et non de votre cour. Que sous de justes lois le Peuple enfin respire: Il fait par ses travaux l'éclat de votre empire. Il cultive nos champs , il défend nos remparts ; Mais un voile ennemi vous cache à ses regards; Mais, tandis qu'il se plaint, son monarque sommeille;