DE LA SUITE DE COUGNI , PAGES, GARDES
COLIGNI
On a signé la paix sans déposer les armes , Sire; et, des protestans écoutant les alarmes, Je réclame pour eux le serment solennel Prêté par vous, par nous, aux yeux de TÉtemel. Ce prince généreux, devenu votre frère, LHospital, de nos lois le ministre sévère. Et ceux qui m'ont jadis suivi dans les combats, Ont voulu près 0e vous accompagner mes pas : Au destin d'un ami leur grand cœur s'intéresse. Ils ont tous entendu votre auguste promesse. Mais un piège nouveau vient de m'être annoncé ; D'homicides clameurs m'ont déjà menacé; On invente à plaisir un crime imaginaire ; Au sein de votre cour une main sanguinaire Déjà, dit-on, s'apprête au plus lâche attentat, Et veut par un seul coup renverser tout l'Etat. Il s'agit de frapper...
Qui donc ?
COLIGNI
Votre personne.
a5o CHARLES IX.
CnARLF.S.
Quel est le criminel ?
COLIGNi;
Cest moi que Ton soupçonne:
D*habiles courtisans ont répandu ces bruits; Ils veulent par ma mort en recueillir les fruits. Je sais quels ennemis pensent ternir ma gloire; Et je frémis... pour vous, si vous daignez les croire.
Moi! je les croirais!
COLIGiri.
Non ; j'ose au moins Tespcrer.
Devant vous, cependant, je dois leur déclarer Que, depuis trop long-tems en butte h leur furie, Je défendrai contre eux et ma gloire et ma vie. Je n'ai pas prétendu céder par un traité Le droit de m'égorger avec impunité.
CATHERIlfE.
Un monarque, un ami veille à votre défense : Il s'attendait peut-être à plus de confiance.
COLIGNI
Vous le voyez assez : mon cœur se fie au sien , Puisque je viens, Madame, implorer son soutien.
HENRI
Paris, ce Louvre môme est-il un sûr asyle? On poursuit Coligni; Maurevel est tranquille! Ne peut-on découvrir cette puissante main Qui sous les yeux du Roi protège un assassin ?