ACTE IV, SCÈNE V. aSy
Et, conirc les proscrits dès long-tems animés, De l'ardeur qui me brûle ils sont tous animés.
Vous m aimez, je le crois; vous servez votre maître; Mais long-tems mon esprit, trop timide peut-être. Conçut avec frayeur un si hardi dessein: D'une amertume affreuse il remplissait mon sein; Jusque dans mon sommeil la redoutable idée S'offrait... Ne craignez rien: mon âme est décidée. Puisque le Ciel vengeur ordonne leur trépas, Puisqu'au fond de l'abyme il entraîne leurs pas , Puisqu'il faut opposer le parjure au parjure, Puisqu'il s'agit enfin de la commune injure, Du salut de mon peuple et de ma sûreté, Je ne balance plus, le sort en est jeté :
La cloche sonne trob fois lentement.
Versez le sang,frappez.Ciel! qu'en tends-j e? A h! Madame!
GUISE
Reine, c'est à vos soins de raffermir son âme. Pour nous, le glaive en main, nous jurons à genoux De venger Dieu, l'État, le Roi, l'Église et nous. Roi, chassez maintenant ces stériles alarmes; Exhortez-nous, Pontife, et bénissez nos armes.
La cloche sonne encore trois fois, lentement.
Goise et tons les antres Courtisans mettent nn genou en terre, en croisant leurs ëpées. Ils restent dans cette position pendant le discours de Lorraine.
LORRAINE
De l'Église outragée humble et docile enfant,
OEayres anciennes. I. I7
Et créé par ses mains prêtre du Dieu vivant , Je puis interpréter les volontés sacrées. Si d'un zèle brûlant vos âmes pénétrées Se livrent sans réserve à l'intérêt des cieux; Si vous portez au meurtre un cœur religieux. Vous allez consommer un important ouvrage, Que les siècles futurs envîront à notre âge. Courez , et servez bien le Dieu des nations ; Je répands sur vous tous ses bénédictions. Sk justice ici-bas vous livre vos victimes. Sachez qu'il rompt au ciel la chaîne de vos crimes ; Par celukqui m'inspire ils vous sont tous remis; Et son glaive- est tiré contre ses ennemis. L'Eglise, en m'imprimant un signe ineffaçable , Défendit à mes mains le sang le plus coupable; Mais je suivrai vos pas, je serai près de vous;
(Montrant et agitant un crucifix.)
Et, Dieu même à la main, je conduirai vos coups. O Tribu de Lévi, Tribu sainte, immortelle, Une seconde fois le Dieu jaloux t'appelle! Il est tems de remplir ses décrets éternels : Couvrez-vous saintement du sang des criminels. Si dans ce grand projet quelqu'un de vous expire , Dieu promet à son front les palmes du martyre.
Le tocsin sonne jnsqu*à la fin de Tacte.
D'une héroïque ardeur mon cœur se sent brûler. Acceptez, o mon Dieu, le sang qui va couler!