‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 159 sur 246 · LE CHANCELIER DE LHOSPITAL, L'AMIRAL · texte numérisé non relu

LE CHANCELIER DE LHOSPITAL, L'AMIRAL

DE COLIGNL

L AMIRAL

Illustre Chancelier , de qui la voix propice Fait au sein des combats respecter la justice , Soyez toujours loracle et l'appui des Français. C'est à vous, l'Hospital, que nous devons la paix: Sans vous nous périssions. Votre prudence active Aux maux des deux partis fut sans cesse attentive ; Et vous flattez encor d un avenir plus doux Tant de bons citoyens qui n'espéraient qu'en vous. Ce palais retentit des chants de Thyménée ; D'un nœud saint et chéri la pompe fortunée,

AfTermissant la paix entre deux jeunes rois ,

Mêle aux sang des Bourbons le sang de nos Valois.

Quel hymen ! Marguerite , idole de la France ,

Henri , des Navarrois lamour et respérance ,

Pour le bonheur public unissant leurs efforts,

Vont expier le sang répandu sur ces bords.

Eh ! qui peut maintenant, témoin de leur tendresse,

Repousser loin de soi la publique allégresse ?

Les Guises, toutefois, souillant des jours si beaux,

Se préparent encore à rouvrir les tombeaux.

Croyez-moi, le péril n'est point imaginaire :

Alaurevert a commis un crime mercenaire ;

A des pièges sanglans ik ont déjà recours ;

Au sein du Louvre même ils achètent mes jours.

li faut veiller sur eux : c'est eux que Ton doit craindre;

Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'ils osent tout enfreindre.

Vous-même enfin. Monsieur, s'il est vrai que leur voix

Vous ait nommé jadis l'organe de nos lois ,

Ce choix si désiré vient de leur politique :

Ils ont su se plier à l'estime publique ;

Il veulent nous trâhier dans l'abîme fatal ,

En voilant leurs projets du nom de l'Hospilal.

LE CHANCELIER

Ah ! formez, Coligni, des craintes légitimes.

Je ne puis, quant à moi, leur imputer des crimes ,

Et je n'adopte pas vos soupçons inquiets.

Si l'on poursuit vos jours au milieu de la paix ,

J'en frémis ; je voudrais le châtiment du traître ;

Mais je blâme un dépit qui s'aveugle peut-être ;

Et vous devez savoir que des plus vils complots

Ils ont aussi, Monsieur, soupçonné des héros.

Ah ! je ne prétends pas les excuser sans cesse :

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