‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 200 sur 246 · ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV

LA RBINB-MBRE.

De cet ambitieux nous blâmons l'insolence ; Mais son orgueil demain gardera le silence. Vous n'aurez point formé des souhaits superflus ; Et de vos ennemis vous ne vous plaindrez plus.

l'amiral.

Sire , excusez encor ma sombre défiance , Ce fruit amer de l'âge et de l'expérience : Que votre cœur m'écoute. Il semble que ma voix Se fait entendre à vous pour la dernière fois. Le trône où vous régnez est entouré de pièges , De guerriers corrupteurs, de prêtres sacrilèges. O mon roi ! pensez-y ; profitez des instans : Hélas ! demain peut-être il ne sera plus tems.

LB CARDINAL

C'est ainsi qu'à la haine un guerrier s'abandonne ! Un pohtife outragé le plaint et lui pardonne.

Qui ? vous me plaindre ! O ciel ! vous , m'oser pardonner !

Un tel excès d'injure a de quoi m'étonner.

Quant à moi, je ne puis vous pardonner vos crimes.

Toujours les protestans ont été vos victimes ;

C'est vous qui réclamiez , pour soumettre les cœurs ,

Le secours des bourreaux et des inquisiteurs ;

C'est vous qm menaciez du plus honteux supplice

De malheureux sujets qui demandaient justice;

Vous, enrichi des pleurs et du sang des Français,

Comblé tout à la fois de biens et de forfaits.

Sire, j'ai désiré de sauver votre empire;

Mais à le renverser je vois que tout conspire.

Sur une Cour perfide ouvrez enfin les yeux.

Et craignez, craignez tout de ce sang odieux :

35o CHARLES IX.

Voilà les ennemis du trône et de la France. Si vous ne les chassez loin de votre présence, Si vous ne les chargez de tout votre courroux , Ces méchans , croyez-moi , perdront l'État et vous.

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