‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 202 sur 246 · ACTE IV, SCÈNE VI. 35i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI. 35i

Le trône est attaqué par une secte impie. Accusant chaque jour le trop lent avenir, Vos cris semblaient hftter Tinstant de la punir : Votre juste fureur, trop long-tems retenue, Peut éclater enfin. La nuit, Theure est venue : Faites votre devoir; et, comblant nos souhaits, Sachez de votre Roi mériter les bienfaits.

LE DUC

Sitôt que le signal se sera fait entendre ,

Vous verrez qu'à ce prix nous pouvons tous prétendre.

Nous partirons, Madame, aux accens de l'airain.

Qui \a sonner pour nous dans le temple prochain.

Ma main, je Favoùrai, dans une nuit si belle,

Voudrait seule immoler tout le parti rebelle ;

Mon cœur même conçoit un déplaisir secret ,

Et, plein d'un tel honneur, le partage à r^^ref.

Mes compagnons, du moins, sont dignes de me suivre,

De cueillir les lauriers que le destin nous livre ;

Et, contre les proscrits dès long-tems animés.

De lardeur qui me brille ils sont tous enflammés.

LB ROI DE FRANCE

Vous m'aimez, je le crois; vous servez votre maître ; Mais long-tems mon esprit, trop timide peut-être, Conçut avec frayeur un si hardi dessein : D une amertume affreuse il remplissait mon sein. Jusques dans mon sommeil la redoutable idée S'offrait... Ne craignez rien : mon âme est décidée. Puisque le Ciel vengeur ordonne leur trépas , Puisqu'au fond de Fabyme il entraîne leurs pas , Puisqu'il faut opposer le parjure au parjure , Puisqu'il s'agit enfin de la commune injure , Du salut de mon peuple et de ma sûreté,

35a CHARLES IX.

Je ne balance plus ; le sort en est jeté :

ÇLà cloche sonne trois fois lentement.)

Versez le sang, frappez. Ciel ! qu'entends-je ? Ah! Madame!

LE DUC

Reine , c est a vos soins de raffermir son âme. Pour nous , le glaive en main , nous jurons à genoux De venger Dieu, l'État, le Roi, l'Église, et nous. Roi, chassez maintenant ces stériles alarmes; Exhortez-nous, Pontife, et bénissez nos armes.

( La cloche sonne trois fois lentement.) (Le doc de Gnise et tons les autree Courtisans mettent un genou en terre, en croisant leurs épées. ÎU restent dans cette position pendant le dis* coors dn cardinal de Lorraine.)

LE CARDIHAL.

De Timmortelle Église humble et docile enfant, Et créé par ses mains prêtre du Diçu vivant, Je puis interpréter les volontés sacrées. Si d'un zèle brûlant vos âmes pénétrées Se livrent sans réserve à l'intérêt des Cieux ; Si vous porlez au meurtre un cœur religieux, Vous allez consommer un important ouvrage. Que les siècles futurs environ t à notre âge. Courez et servez bien le Dieu des nations ; Je répands sur vous tous ses bénédictions. Sa justice ici-bas vous livre vos victimes. Sachez qu'il rompt au Ciel la chaîne de vos crimes. Oui, si, jusqu'à présent, vous en avez commis, Par le Dieu qui m'inspire ils vous sont tous remis.' L'Église, en m'imprimant un signe ineffaçable, Défendit à mes mains le sang le plus coupable ; Mais je suivrai vos pas, je serai près de vous; Au nom du Dieu vengeur je conduirai vos coups. Guerriers, que va guider sa sainte Providence,

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