RÉPONSE
29 janvier 1 790.
Le district des Cordeliers, Monsieur, tient à honneur de pouvoir compter au nombre de ses membres Tauteiu: de la tragédie de Charles /X Vous avez bien des titres à la reconnaissance de vos concitoyens. Tandis que, par leur vigilance et leiu: fermeté, ils travaillent à affermir la constitution nouvelle , vous préparez les esprits à en recevoir la douce influence, en détruisant les anciens préjugés. Non content d'éclairer et d'instruire vos concitoyens , vous partagez avec les indigens le produit de. vos veilles et de vos talens. Ces débuts de votre jeunesse donnent les plus flatteuses espérances poiu: l'avenir. Le district des Cordeliers, plein d'estime et de reconnaissance, me charge de vous adresser cette lettre comme témoignage de ses vrais sentimens à votre égard.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Signé Paré, président.
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LETTRE
Ce 3 février 1790.
r AVAIS retiré du théâtre , Messieurs , ma tragédie de Charles IX, et je ne Pavais rendue cpiHi condition qu'on la représenterait une seconde fois pour les pauvres. MM. les Comédiens français vous ont écrit à ce sujet une belle épitre, que j^ai cm devoir laisser sans réponse '. Le style en égalait la logique; et c'est tout dire. Seul propriétaire de ma pièce, il est trop évident que j'ai pu la retirer quand je l'ai jugé à propos, et la rendre sous telle condition que j'ai voulu proposer ; bien entendu que la Comédie française était libre de refuser cette condition, et de ne plus représenter Char^ les IX : c'est à quoi se réduit la question.
I. Ployez y page 398 prësent volume, la Lettre adressée aux auteurs du Journal de Paris par les Comédiens français ordinaires du roi. (Note de l'Éditeur.)
D'ailleurs , la représentation annoncée le matin pour le soir a rapporté 1800 livres; la représentation suivante, annoncée plusieurs jours d'avance , a produit 4660 : ce qui fait presque mille écus de plus. Cette réponse est victorieuse.
Des journalistes qui ne se piquent pas comme vous, Messieurs, de vérité et d'impartialité, ont assuré que j'avais demandé à la Comédie française ma rétribution d'auteur, dans les deux représentations que j'ai fait donner au profit des pauvres , afin d'en disposer à mon gré. C'est un mensonge de plus pour ces journalistes; mais je suis forcé de répondre à celui-ci. £n demandant ma rétribution, j'en ai fixé l'usage: j'ai dit que je la destinais aux pauvres du district des Cordeliers, dont je suis membre. J'ai envoyé en effet à ce district une somme de 800 livres, qui excède, de fort peu de chose , la somme dont il s'agit. La lettre dont le district a bien voulu m'honorer par la voie de son Président est un prix trop flatteur du devoir que j'ai rempli * .
Tai l'honneur d'être, etc.