‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 221 sur 246 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

a6 juillet 1790.

L'assemblée du district des Cordeliers a reçu, Monsieur, les deux cent cinquante livres que vous avez fait remettre, ce qui est votre part du produit de la dernière représentation de votre tragédie de Charles IX: elle me charge de vous en témoigner toute sa reconnaissance. Cette représentation, si difficilement obtenue, aura donc produit deux avantages : d'abord celui de secourir les indîgens , et, en second lieu, de faire jouir nos frères les fédérés des départemens d'un ouvrage dans lequel vous faites si bien valoir les bons principes, et où vous combattez si puissamment le fanatisme et les préjugés.Yous annoncez, Monsieur, que vous destinez également aux pauvres votre part du produit de toutes leâ représentations que les Comédiens donneront de cette pièce pendant votre vie: le district des Cordeliers, qui très -souvent gémit quand la multitude applaudit , s'est livré aux plus vives acclamations en apprenant ce généreux sacrifice ; tous les cœurs sont pénétrés pour vous de la plus parfaite estime. Nous désirons que ce

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4t>a RÉPONSE.

sentiment, que partagent tous les bons citoyens, vous dédommage des atteintes de Tenvie et de la calomnie. Au surplus, croyez, Monsieur, que l'auteur de Charles IX n'aura jamais d'autres ennemis que ceux du bien public et de la liberté. Vengezvous d'eux par de nouveaux succès : nous les punirons par le plus souverain mépris.

Je suis avec la plus intime fraternité.

Monsieur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Signé Par^, vice-président.

GuKLLARD DU Mekis, Secrétaire.

LETTRE

AUX AUTEURS DU JOURNAL DE P4RIS

Ce % octobre 17^.

ZSSlBUitS, T

jk -

liA Comédie française vous prie d'insérer cet extrait de lettre dans votre journal : il est essen* tiel que le public soit instruit des motifs qui s'opposent pour demain dimanche à la représentation de Charles IX.

Nous avons Thoimeur d'être , etc.

Signé y DoRiVAL, semainier, et Grammont.

Extrait d'une lettre de M. J, Chénier à M. de la Porte y secrétaire de la Comédie française , du 3i septembre (i*' octobre) 1790.

ce Ayant vu mercredi, Monsieur, ma tragédie de Charles TX affichée pour le lendemain, j'ai écrit à M. le maire, afin de savoir si cette représentation était donnée , comme celle du mardi, en vertu des ordres de la Municipalité. Sa réponse m'ap-

4o4 LETTRE AU JOURNAL DE PARIS.

prend que, pour celte fois, les Comédiens ont affiché Charles IX de leur propre mouvement. Je le vois encore affiché pour dimanche : je vous prie, Monsieur, de leur faire observer que j'en suis l'auteur; que je n'ai cédé à personne le droit de £adre représenter cette pièce sans avoir obtenu mon consentement ; que, si j'ai cédé aux pauvres la rétribution qui m'appartenait pour Charles IX ^ je dois veiller à leurs intérêts , et ne pas laisser envahir leur propriété par les Comédiens. Mon intention est donc que Charles IX ne soit plus représenté sur ce théâtre, jusqu'au moment où l'Assemblée nationale aura prononcé relativement à la pétition des auteurs dramatiques. »

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LETTRE

Ce 5 octobre 17^.

Messieurs,

^EXTRAIT de ma lettre que les Comédiens français vous ont adressé pour le publier demande un mot d'explication. Depuis que ces Messieurs avaient refusé avec tant de constance de jouer Cliarles IX au moment de la Fédération , je m'étais promis de ne laisser représenter aucun de mes ouvrages sur leur théâtre , avant que Tordre convenable y fut établi par une loi générale et par des réglemens nouveaux. La Municipalité leur a ordonné de jouer Charles IX mardi dernier : je n*ai voulu ni dû m'opposcr à cet ordre. Ils Font représenté le jeudi suivant sans un ordre de la Municipalité, et sans demander mon consentement. Ils Font encore affiché pour le dimanche : j'ai fait retirer la pièce de l'affiche; et voici mes raisons.

Selon 1(35 réglemens actuels de la Comédie fran-

çaise , quand la recette d'une pièce n'a monté qu a une certaine somme deux fois de suite ou trois fois en différens tems^la pièce n'appartient plus à l'auteur, mais à k Comédie* Charles IX n'a jamais été dan» ce cas ; mais ce qui n'est pas arrivé pourrait arriver, grâce à la bonne volonté des Comédiens , qui ont un art admirable sur ce point, comme on peut s'en convaincre, en lisant un fort bon mémoire de M. Fenouillot de Falbaire. Si la chose arrivait, les pauvres, à qui j'ai cédé ma part d'auteur durant toute ma vie, se trouveraient frustrés de cette donation : ainsi , pour éviter de les voir dépouillés, j'ai dû attendre le moment où l'Assemblée nationale voudra bien prononcer sur la pétition des auteurs dramatiques. On sait que cette pétition a été fortement appuyée auprès de la Municipalité par Une autre pétition, signée d'un très-grand nombre de citoyens distingués ^

i. Le rapporl sor b Liberté de* théâtres et sur la durée de ta propriété des ouvrages dranaaliques fut rédigé et présenté à TAssemblée nationale par Chapelier. Après quelques débats, le projet du C^iAxié fut adopté tettuellement. Il porte en substance que les théâtres sont Libres diî choii de leurs pièces , mais que la propriété des auteurs drfimatiqu^ appartiendra à leurs h^itiers durani doq ans après leur mort. Ce décret est daté du 1 5 janvier 1791.

{Note de V Éditeur,)

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