‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 61 sur 246 · LES M^MES, D'AMBOISE · texte numérisé non relu

LES M^MES, D'AMBOISE

d'amboise.

Madame ,

Un chef digne de nous, et que l'honneur enflamme.

M'a daigné confier d'assez grands intérêts.

Il aime ses guerriers; vous aimez vos sujets:

Des chrétiens, dont le sort a trahi le courage.

94 AZÉMIRE

Au milieu des combats ont subi l'esclavage; Mais, par un même sort, vos meilleurs combattans Dans le camp des chrétiens languissent dès long-tems. Si , vous laissant toucher à leurs plaintes communes. Vous voulez terminer ces longues infortunes. Vos sujets reviendront défendre ces remparts ; Nos croisés se rendront à leurs saints étendards. Il en est un surtout, un que chérit la France: Joignant à ses vertus une illustre naissance, Turenne, de nos chefs et du soldat aimé. Dans les regrets publics est sans cesse nommé. Ah! de vos défenseurs rachetez la vaillance; Rendez-nous des chrétiens; et, si, pour récompense. Tandis que vous verrez le soleil en son cours Mesurer trente fois et les nuits et les jours, Une trêve, arrêtant les sanglantes alarmes. Doit vous sembler utile au repos de vos armes , De la part des chrétiens je puis vous l'accorder, Madame ; et c'est à vous de me la demander. Voilà ce que Bouillon m'a chargé de vous dire.

AZIÎMIRE.

Aux désirs de Bouillon, Seigneur, je veux souscrire; Mais....

SOLIMAN

Ciel! y pensez-vous. Madame, et devez-vous A ces discours hautains un trftilement si doux? De ces chrétiens vainqueurs quel serait le langage, Alors qu'ils sont vaincus s'ils prodiguent l'outrage;

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