‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 72 sur 246 · ACTE III, SCÈNE IL Î · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IL Î

lyAmboise, en t'écoutant, je rougis de mes larmes. D'un feu moins triomphant mon cœur fut pénétré Alors que dans Clermont le pontife inspiré, Urbain, des lieux sacrés prêchant la. délivrance, * Au tombeau glorieux précipitait la France. Jamais le saint Ermite et ses mâles accens . De cet effroi divin n'embrasèrent mes sens, liorsque du Sarrabat les rives prisonnières Virent flotter la croix sur nos saintes bannières; Ou lorsque, dans le choc des combats meurtriei*s, Ses vœux ouvraient le ciel à nos vaillans guerriers. Sois mon fidèle appui : c'est toi que je veux suivre. Je vois que dans ces lieux je ne saurais plus vivre; Je sais que dans ces lieux j'avais mis mon bonheur : Je sais que d'aujourd'hui tout doit m'y faire horreur; Que son culte est affreux, que c'est une infidèle ; Et j'ai tout expié, puisque je fuis loin d'elle. Toffre à Dieu les tourmens qu'elle me fait souffrir. Je fus coupable, ami, si j'ai pu la chérir; Ou plutôt je le suis : elle m'est chère encore. Je rougis de pleurer, je pleure, et je l'adore. Et je sens.... Ne crains rien, tu vois mon désespoir; Mais tu seras content : Bouillon va me revoir.

d'amboise.

Ce n'est pas tout.

TURENNE

Comment!

no AZÉMIRE.

d'amboisk.

11 faut , mon cher Turennc , D'un espoir insensé désabuser la reine.

TURENNB.

Moi!

d'amboise.

L'effort est pénible, il te pourra coûter;

Mais qu'il est beau le prix que tu vas remporter !

Pour ne point succomber à de viles tendresses ,

Songe que Dieu lui-même a reçu tes promesses.

Moi y de nos compagnons, détenus dans les fers,

Je cours, il en est tems, sécher les pleurs amers;

Aux tentes des chrétiens c'est moi qui les rassemble.

Attends-moi dans ces lieux ce soir; et, tous ens^nble,

Nous irons nous ranger sous l'étendard de Dieu.

TUREirifE.

Je le veux.

d\ M BOISE.

Maintenant viens m'cmbrasser. Adieu.

(Il sort.)

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