I. Le général Beiimonville. ( Note de t Éditeur
CONVENTION NATIONALE. foi
TTiolé douze d'entre eux, après avoir reçu quarante-un coups de sabre, il échappe à une mort presque certaine, et rentre au camp des vainqueurs. Vous l'avez vu parmi vous, Citoyens'; vous avez été attendris; et l'enthousiasme patriotique dont il a pénétré vos âmes a versé un baume salutaire sur ses blessures. Il se croit abondamment payé de ce qu'il a fait pour la Patrie; et, sitôt que ses forces seront réparées, son désir unique est d'aller rejoindre ses braves compagnons, et de verser le sang qui lui reste en défendant la République.
Mais, si, dans le fond de son cœur, il est assez grand pour se sentir récompensé par le témoi* gnage de sa conscience, il n'est pas encore récompensé pour vous et pour la majesté du Peuple que vous représentez: il faut qu'un témoignage imposant de la reconnaissance publique serve d'exemple et d'encouragement éternel. Sans doute, on saura placer Labretéche au poste d'honneur; mais vos comités ont pensé que son avancement regardait le Ministre de la guerre, seul re^onsable du choix des généraux et des officiers, et qui, sans doute, ne craindra point sa responsabilité dans une occasion si belle.
I. C'est le général Beamonville lui-même, alors ministre de la {>[uerre, qui le présenti à la Convention le 27 février 1793.
{Note de r Éditeur.)
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Lorsque les républiques anciennes, à l'époque de leur splendeur, voulaient récompenser de grandes actions, une feuille de chêne payait la dette de la Patrie. Quand ces récompenses furent prodiguées, la Liberté était en péril; elle cessa d'exister quand ces récompenses ne suffisaient plus. Vous mettrez à profit cette grande leçon de l'expérience; vous n'avilirez point le sang d'un patriote jusqu'à le payer avec de l'or : la reconnaissance nationale est le véritable prix des belles actions. Laissons les trésors aux tyrans ; la gloire est la monnaie des Républiques. Les généraux, les soldats des rois, connaissent le point d'honneur; les Républicains seuls connaissent la gloire, et sont dignes de l'apprécier. Que Labretéche en jouisse: elle fut sa conquête à Jemmapes ; qu'il se présente à la barre de la Convention nationale ; qu'il soit solennellement appelé dans cette enceinte, où sont discutés les intérêts du premier Peuple de la terre; qu'il montre à nos yeux ses quarante-une blessures; que la couronne de chêne, prix du civisme et du courage, soit posée par le président de la Convention nationale sur cette tête couverte de cicatrices. Puisqu'il fut tant de fois atteint par le sabre ennemi , que le sabre national soit mis en ses mains. Qu'armé de ce glaive sacré il se plonge encore au milieu des rangs de nos adversaires; que ceux qui sont échappés
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aux coups qu'il a portés à Jemmapes le reconnaissent et pâlissent ; et que le nom de la République Française, gravé sur la lame du sabre, étincelle au milieu des combats, enflamme et rallie nos guerriers, renverse les bataillons d'esclaves, et frappe les tyrans du coup mortel.
N'en doutez pas, Représentans de la France : c'est par de tels moyens qu'on fait un peuple de héros; cette couronne de chêne fera tomber des coiuronnes d'or. Avec quelle émotion les armées françaises vont apprendre la justice éclatante que vous rendez à Labretéche! Les soldats, tous les citoyens de la République voudront mériter la même récompense. Ils liront votre décret en versant des larmes ; et ces larmes héroïques seront l'arrêt de mort des rois oppresseurs. Quelques revers ne font qu'irriter le courage; ils cimentent les anciennes victoires, et nous garantissent de nouveaux succès. Bientôt les libérateurs de la Belgique auront enlevé la Hollande. La Liberté plane sur l'Europe ; elle promène du nord au midi l'étendard des trois couleurs, signe de la régénération des Peuples; encore quelques mois, et, foulant au pied les despotes auxquels vous avez déclaré la guerre, vous déclarerez la paix au Monde. Vous déclarerez en même tems que les armées Françaises ont bien mérité de la République, en attendant que la voix des Nations vous
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rende justice, et vous réponde que le Peuple fran-« çais et la Convention nationale ont bien mérité du genre humain. a..
Projet de décret,
La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses Comités d'Instruction publique et de la guerre , décrète ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Dans la séance de demain, Labretéche sera pré-*
sente à la Convention nationale par le Ministre
de la guerre, Le Président l'appellera dans le sein
de l'Assemblée.
Le président de la Convention nationale posera
sur la tête de Labretéche la couronne de chêne.
Il lui donnera le baiser civique, et l'armera du
sabre ^
Sur la lame du sabre seront gravés ces mots : La République Française à Labretéche.
Le présent Décret sera lu publiquement à la tête de tous les corps de l'armée.
Ce Projet de loi eat unanimement adopté ; et la Convention ordonne que le Rapport sera imprimé en tétc du Décret.
I. Ce décret reçut le lendemain son exécution. {N. de l'Édii,)
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RAPPORT