ENCORE
du moins, de pareilles cessions n'auraienl pas de graves inconvéniens ; si, de plus, elles n*excèdent pas le pouvoir du Directoire exécutif. Passant ensuite à des considérations plus importantes, ou pourra s'enquérir si la distribution des honneurs publics peut jamais regarder, en quoi que ce soit, le citoyen Panckoudie , considéré comme libraire, c<»nme éditeur, comme entrepreneur, comme traducteur, ou même, s'il le veut absolument, comme Puissance alliée de la France. On afiBrmera que le Directoire exécutif lui-même ne peut dé- <:emer les honneurs publics; et que cette attribution solennelle appartient exclusivement au Corps législatif. Enfin, les républicains sévères ajouteront que des honneurs publics de cette nature, décernés à des hommes vivans, ne conviennent pas trop dans une République où, par un article formel, (larticle 368), la constitution interdit « toute marque distinctive qui rappelle des fonctions antérieurement exercées, ou des services rendus. « Sur tout cela, je ferai observer au citoyen Panckoucke que, s'il a suivi « ouvertement les drapeaux du royalisme » , selon ses ingénieuses expressions, il a fini pointant par adopter la constitution de Tan III , et par « reconnaître la république française franchement et sincèrement ». Il a fait sa paix avec elle , à Texem-
LE CITOYEN PANCKOUCRE. 469
pie du roi d'Espagne , du roi de Prusse et du roi de Sardaigne ; mais il avouera du moins que ses augustes confrères ne lui ont pas donné celui de violer la constitutioi> française.
Le citoyen Panckoucke me répondra victorieusement ^ je le sais, qu'il a négligé de la lire; que, lorsqu'on est membre du jury d'instruction , éditeur de Y Encyclopédie méthodique y propriétaire de la Clef du cabinet des souverains , libraire , entrepreneur, auteur ou collaborateur d'une traduction du Tasse , d'une traduction de l'Arioste , et, qui plus est, d'une traduction du Richardet, a qui s'imprime a Paris, chezPlassan»; tourmenté, d'ailleurs, ce de grandes pensées», occupé de deux ou trois ponts, d'une vingtaine de statues et d'un péage de trente ans , on n'a pas le temps d'examiner ces petites questions politiques. Elles intéressent, il est vrai, la constitution , les droits du Peuple et ceux du Corps législatif, la liberté publique et peut-être aussi le sens commun; mais il est impossible de songer à tout. Je sens bien encore qu'en sa qualité de traducteur de l'Arioste le citoyen Panckoucke a cru pouvoir lui emprunter son hippogriffe, et voyager un peu dans les nues : quoi qu'il en soit, il faut finir par en descendre ; et le public en tombe à la lecture de ces Lettres plus que singulières.
470 E>CORE LE CITOYEN PANCI^OUCKE.
Si )'auteur Toul^it se donaer U peine de lire ce qo'il écrit, p«-ut-€tre il perdrait quelque chose des grâces et de l'origiDalité de son stjle; mais probablement il serait plusd'acoord avec la raison. C'est ui>e paiï qui lui reste à faire; et j'exhorte ouvertement le fidèle allié de la république française à la conclure au phis tôt Jranchement et sincèrement.
FIB un rOVE IV DES OEUVRES AliClEKHES.
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DES MATIERES CONTElfU«6 DANS CE VOLUME.
MELANGES
LiiscouKS sur les progrès des connaissances eu Europe , Page 3
Discours prononcé à TAthénée de Paris 4^
Leçon sur les anciens Fabliaux français 88
Leçon sur les Romans français, etc. etc 128
Discours prononcé aux funérailles de M. Lebrun (Écou-
chard.) 168
Rapport sur le grand prix de littérature, 1810 171
Analyse du Lycée de La Harpe 175
Réflexions sur la tragédie de Fénélon 207
Analyse de VOEdipe à Colone de Ducis ai8
Fragmens sur les unités de jour et de lieu dans les
poëmes dramatiques a37
De la vraisemblance théâtrale 245
Observations sur le projet d*un nouveau Dictionnaire de
la langue française, et sur celui de l'Académie a5o
— sur une édition des OEuvres de Boileau 258
— sur une édition des OEuvres de J. J. Rousseau 277
Notice sur la Puissance temporelle des papes 282
IxUre aux a
uteursdn Joiiroal de Psris,
do
MELANGES