CHAPITRE VI. a
[>lli5ieurs jeunes gens d'un esprit orné font en :e genre aussi bien et mieux que Florian ; cet mibellissement nous paraît indispensable. Après :ela, des corrections assez faciles, et même assez )eo nombreuses, suffiront pour assurer à M. du Bournial l'honneur d'avoir dignement traduit le ^ef-d'œuvre brillant , mais unique , de la littérature espagnole.
On nous a transmis en langue française beau- MMip de romans anglais , composés dans ces derniers temps. Plusieurs se font lire avec intérêt ; et, dans ce nombre , il ne faut pas oublier Simple Histoire y qu'on pourrait toutefois nommer Lon» fz^ Histoire ; car elle tient l'espace de quarante ins; et deux générations s'y succèdent. On aime dans Saint-Clair des Isles l'esprit militaire et cheraleresque du héros principal, le beau caractère ie rhéroïne et la variété des incidens. Nous avons entendu vanter le Caleb fFiUiams de M. Godwin, et nous ne savons trop pourquoi. Tyrrel est un misérable : Falkland , que l'auteur prétend doué de qualités sublimes, est assassin, calomniateur, persécuteur : le tout pour conserver sa réputaâon ; le persécuté Caleb se conduit souvent avec bassesse et malignité. De tous les personnages, le plus humain , c'est Raimond , le chef des voleurs. Des déclamations contre les lois pénales d'Angleterre, contre les cours de justice, et même contre
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la société civile, sont les ornemens de ce livre, un peu maussade et fort immoral. M. Godwiii ose affirmer qu'il peint les choses comme elles soïH; le fait nous semble au moins douteux. Ce qui ne l'est pas , c'est qu'il faut plaindre M. Godwin , puisqu'il a pu les voir ainsi. En général , il est à remarquer qu'en Angleterre , comme en France , ce sont des femmes qui figurent avec le plus de distinction parmi les romanciers modernes. On doit à miss Bumey Cécilia^ Éifélinay CamiUa. De ces productions agréables, dont nous avons d'assez bonnes traductions anonymes, la mieux composée est sans contredit la première. Cécilia est aimable; et l'on se plaît à la suivre chez ses trois tuteurs , dont les caractères , mis en contraste, fournissent tantôt des événemens qui attachent, tantôt des scènes qui divertissent. Ua mérite égal, dans une manière toute différente, recommande les Enfans de V Abbaye , joli roman de madame Roche : quelques touches lugubres y son tempérées par des effets pleins de douceur. Amanda et son amant Mortimer ont de la grâce; et l'on doit savoir gré à M. Morellet de nous avoir fait connaître cette intéressante production. Sans pouvoir obtenir autant d'éloges, le Polonais de miss Porter n'est pourtant pas à négliger: il se soutient par le nom du jeune Sobieski, l'un de ces généreux fugitifs qui , à la dernière révolution de Po-