‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiques (volume 4)Chapitre 111 sur 178 · CHAPITRE VI. îi/|r · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. îi/|r

dans Texécution du livre , on ne remarque de la vigueur et du talent ; mais ; quand le fond est sibsurde , le talent n'est pas employé : il est perdu. Ce n'était pas sur de tels moyens que Richardson , Fielding, Sterne et Goldsmith fondaient le succès durable de ces romans aussi variés que naturels, qui embellissent la littérature anglaise, et dont elle a droit de se glorifier.

Entre les romanciers allemands , il est juste de commencer par M. Goethe , dont le fFerther obtint autrefois 9 et conserve encore un succès si général et si légitime. Nous voudrions en dire autant de son Âlfi^d; mais la chose est impossible: ce livre est trop long, quoique abrégé par son traducteur. Comme intendant des spectacles du duc de Saxe-Weimar, l'auteur a cru devoir prodiguer les observations sur Tart dramatique, et même sur l'art du comédien : la plupart sont communes ou minutieuses. Tout ce qu'on peut remarquer avec éloge, c'est que M. Goethe ose admirer Racine et Voltaire; et c'est beaucoup pour un Allemand : aussi son ami Schiller l'en a-t-il vertement réprimandé. Du reste, une intrigue bizaïTe et mal ourdie; une action tantôt traînante et tantôt précipitée; des incidens que rien n'a-mène ; des mystères que rien n'explique ; un personnage principal pour qui l'on veut inspirer de l'intérêt, et qui n'est qu'un ridicule aventurier;

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d'autres personnages que le romancier jette au hasard dans sa fable , et dont il se débarrasse par des maladies aiguës ou par un suicide , pour faire arriver bou gré mal gré un dénoûment vulgaire et froid : tel est le roman d'Alfred , incohérent ouvrage , où le talent qui inspira fTerther ne se laisse pas même entrevoir. Dans Claire et Ei^* lingy l'un des romans de M. Auguste I^fontaine, il y a beaucoup de choses négligées et triviales, plusieurs d'heureuses, quelques-unes d'une assea grande force. Le tableau des infortunes d'un roinistre de village est l'objet du livre entier; il résulte de ce tableau que les disputes, les haines^ les persécutions théologiques, ne sont pas plus étrangères aux temples luthériens qu'aux églises catholiques : ce qui n'est consolant pour personne, mais ce qui est instructif pour tout le monde; car rien ne fait mieux sentir l'impossibilité de niveler les opinions, et la nécessité de recourir à la tolérance universelle. Les principes de philanthropie qui respirent dans cet ouvrage animent aussi les autres romans de M. Auguste Lafontaine. Madame de Montolieu , connue ellemême par le joli roman de Caroline de Lichtfield^ les a traduits pour la plupart; et c'est un service qu'elle a rendu aux amateurs de ce genre d'écrire. Qui n'a pas lu avec attendrissement les Tableaux de famille ! Qui ne s'est pas intéressé au bon

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