CHAPITRE IX. agi
On a remarqué des pensées fines, des traits piquans , des vers bien tournés , dans les satires et les épîtres attribuées à M. de Frenilly, mais imprimées sans nom d'auteur. Les épîgrammes de M. Pons de Verdun, recueillies en un petit volume, n'ont pas obtenu moins de succès. Presque toutes dans le genre du conte, elles sont gaies, sans être offensantes: seul éloge impossible à donner aux épigrammes de M. Lebrun, qui, dans ce genre, eut bien peu d'égaux, et ne fut inférieur à aucun modèle. Dans la poésie légère, genre aimable, mais où l'on est aisément médiocre, il n'est permis de citer que ceux qui excellent. Les réputations y sont rarement durables. Pavillon, La Fare et cent autres ont disparu : Chaulieu , Gentil-Bernard , surnageront , grâces à quelques pièces charmantes. Vers la fin du dix -huitième siècle, au naturel orné de Gresset, à la grâce exquise de Voltaire, Dorât fit succéder une afféterie qui fut depuis trop imitée. Plusieurs, dans ces derniers temps, ont cru devoir y joindre les calembours, esprit faux et subalterne, au-dessous duquel il n'y a rien, mais qui sufBt à certains lecteurs. Heureusement il existe encore en France un public de dboix, qui sait apprécier l'esprit véritable, et qui a besoin de le trouver : c'est de ce public qu41 faut satisfaire la délicatesse. C'est pour lui que M. de BoufHers et M. de Parny, conservant le seul ton
i,)a UTTÉRATURE FRANÇAISE.
convenable à la poésie légère, y maintiennent i core cette politesse élégante qui fait le char des écrits, comme elle fait celui de la société. Quelques traducteurs en vers méritent d'c cités. L'un d'eux, M. fioisjotin, doit même è compté parmi nos talens les plus purs. Sa tradi tion de la Forêt de ff^indsor est un des bons < vrages de l'époque. Toutes les beautés de Pop sont rendues; la copie n'est pas inférieure à l'c gina); et, nous ne craignons pas de le dire, poète en état d'écrire ainsi jouirait d'une répt tion étendue, s'il avait produit davantage. M. ' sot a voulu enrichir notre poésie des Bucoliq de Vii^le. Plusieurs avaient échoué dans c< tentative; et Gresset plus complètement que t autre. Une foule de passages qu'il semblait imf sible de rendre avec grâce ont paru céder \ efforts du nouveau traducteur; et son trav po-fectionné comme il vient de l'être , et com il peut l'être encore, ne sera pas indigne d't consulté par les élèves des écoles publiques. N< [ croyons cependant qu'il a réussi bien davant
à traduire les Baisers de Jean second. Là, surtc M. Tissot est remarquable par une versificat toujours facile, et qui n'est jamais négligée, dispositions qu'annonce M. Mollevaut réclam des encouragemens littéraires: il a traduit en ^ toutes les élégies que nous a laissées Tibulle
i^ijp^ .T