CHAPITRE XL
La Comédie.
>ENEiLLE , qui créa parmi nous tout Fart draque , a laissé un modèle dans la haute comé- En effet, si l'on peut reprocher plusieurs ats à la pièce du Menteur ^ du moins le ca* ère principal est*il admirablement traité. Un e non moins étonnant, Molière, à qui nul osophe n'est supérieur, à qui nul poète co^ ue n'est égal , porta tous les genres de comédie or perfection. Tjoin de lui, à des intervalles > ou moins grands , se font remarquer ses suceurs. On aimera toujours la gaîté ingénieuse (rillante de Regnard; la finesse originale de resny; l'habileté de Deçtouches, la force coue de Lesage , qui seul atteignit presque Moî dans le chef-d'œuvre de Turcaret. Plus tard, »n et Gresset , par deux beaux ouvrages , souent la comédie dans son éclat; mais, de leur ps même, on la vit mélancolique avec La ussée, minaudière avec Marivaux. Ces défauts dirent , ou plutôt passèrent, grâce aux qualités les rachetaient. On négligea cette remarque;
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et les défauts furent contagieux, bientôt même exagérés. La Chaussée n'avait été qu'attendrissant; on devint sombre; et le style précieux de Marivaux fut surpassé par un jargon ridicule. Telle était parmi nous la comédie, il y a trente ou quarante ans. Bieïi peu d'auteurs surent éviter à la fois deux écueils également dangereux.
M. Cailhava , qui doit être compté dans ce très-petit nombre , a continué de rester fidèle aux. principes de la vraie comédie. C'est dans le commencement de l'époque actuelle qu'il a fait représenter les Ménechmes grecs. C'était une tentative assez hardie, que d'offrir de nouveau sur la scène un sujet traité par Regnard , avec la verve inépuisable qui distingue les productions de ce charmant poète comique. M. Cailhava, néanmoins, a complètement réussi , en suivant de plus près les traces de Plaute quant à l'action, mais en refondant presque tous les caractères de la pièce latine. Le public s'est ^empressé de rendre justice à la peinture piquante des mœurs de la Grèce, à la vérité des situations , au naturel du dialogue, au mérite rare d'une gaîté franche, qui ne dégénère pas en bouffonnerie. Les connaisseurs ont retrouvé dans cet ouvrage le mérite qu'ils avaient senti dans le Tuteur dupé^ comédie qui a fondé la réputation de l'auteur, et qui tient son rang parmi les bonnes pièces d'intrigue composées