CHAPITRE IL
publiant son livre ^ n'examina point les temps, mais les choses; il ne s'occupa ni d'être hardi, ni d^étre timide : ilfîit vrai. Dans un excellent discours préliminaire, il rendit hommage à la mémoire de Voltaire et de Montesquieu, «PHelvétius et de Condillac. Il convenait à ce vieillard honorable de proclamer, en expirant, la vérité qu'avait chérie sa jeunesse; de rester fidèle aux hommes illustres dont il avait été l'élève et l'ami ; de respecter enfin, dans les souvenirs du dix-huitième siècle, une gloire qu'il avait vue croître, et qu'il avait lui-même augmentée.
C'est à rinunortel chancelier de L'Hospital que remontent parmi nous les sciences politiques. Les lois, les édits, les ordonnances qui émanent de lui méritaient de paraître sous les auspices d'un autre prince que Charles IX. Le règne où les lois furent le plus violées n'en est pas moins l'époque d'un grand perfectionnement dans notre législation. Ehimoulin surtout y contribua par ses travaux ; et le plus éclairé des jurisconsultes français seconda le plus illustre chef qu'ait jamais eu ^ la magistrature. Dans les premières années du règne suivant, Hubert Languet, prenant le nom de Junius Brutus ^ écrivit en langue latine un traité célèbre , qu'il traduisit lui-même en français sous ce titre, qui en fait assez connaître l'importance : De la puissance légitime du prince sur le
peuple , et du peuple sur le prince. Ce fut dans le mémo esprit que La Boetie , immortalisé par son ami Montaigne, composa son Discours de la Servitude volontaire. Un peu plus tard panit Bodin , qui , dans son TrcUté de la RipubliquCf adopta souvent les idées d'Aristote, et fournit lui-même quelques idées au plus beau génie dont puissent se glorifier les sciences politiques, k Montesquieu. Au commencement du dix-septième siècle , les Économies royales de Sully , vers la fin du règno de Louis XIY, les Mémoires des intendans de province, et ensuite IsiDtme royale j écrite par Hoisguilbert , sous la dictée du maréchal de Vaulmn , jetèrent progressivement quelques luntitVrs sur l'économie publique. Lamoignon, dans mm Arrt'tés, d'Aguesseau, dans beaucoup d*ouvrngf^s , éclairèrent la législation civile. Sous la rt^f{oncc « do nombreuses questions politiques furohi discutées par labbé de Saint-Pierre, homme vert non X , quo Ion crut devoir punir pour n*avoip point flatté Tombre de Louis XIV.
Lt»H iH)U)binaivSons du système de Law, et les MinlIuMirH (|u*il entraîna, fixèrent l'attention sur tout ce qui intéressait le crédit public, le comnime et ragriculture. De là les écrits de Melon, secrétaire du régent , et les ouvrages de nos premiers économistes. Bientôt Montesquieu déploya dans toute son étendue ce génie politique qui lui