CHAPITRE II
oà s'annonçaient avec éclat les talens qu'il a depuis développés.
La première année de la révolution française vit éclore une multitude de brochures éphémères sur tous les objets dont les représentans de la nation pouvaient s'occuper ; elle produisit en même temps un petit nombre de morceaux précieux , et que l'oubli ne menace point. Entre ces écrivains , alors empressés à former un esprit public, M. Sieyes est, sans aucun doute, celui qui s'est fait le plus remarquer par la hauteur et l'étendue des conceptions. Nous n'avons point à parler en ce moment de ses travaux dans les assemblées nationales ; mais , depuis l'Essai sur les privilèges , et quelques mois avant la réunion des états-généraux, trois de ses écrits, paraissant presque à la fois, obtinrent un succès mémorable. Ici, recherchant dans la nature des choses ce qu'était ce tiers-état , si long-temps avili par son nom même, et jouet de l'orgueil féodal, il y trouva tous les élémens dont une nation se compose, et démontra cette vérité avec une dialectique désespérante pour les préjugés oppresseurs. Là, examinant comment une sage exécution peut réaliser de sages théories, il indiqua les moyens de garantir la dette publique, ceux d'assurer la permanence et la liberté des législateurs , ceux encore d'asseoir l'impôt sur des bases constitutionnelles.
8o LITTÉRAtURE FRANÇAISE.
Le plan de délibérations pour les assemblées debà liages présente, sous un titre modeste, un véritàb plan de travail pour l'assemblée célèbre qui de^ régénérer le peuple français , en lui donnant ui constitution. Sans être exempts d'opinions haffl dées, ces trois ouvrages ont fait avancer la scieo de l'organisation sociale ; et l'on y voit exposé to le système représentatif, jusqu'alors incomplet ment connu par ceux mêmes des philosophes q en avaient le mieux senti l'excellence. On se qu'il nous est impossible d'entrer ici dans les c tails qu'exigeraient de tels écrits ; il y a plus : no ne tenterons pas d'en suivre exactement la mardi Ce n'est pas qu'ils manquent de méthode : ik < ont beaucoup au contraire ; et le premier suito doit être compté parmi les chefs-d'œuvre d'aii lyse. Ce n'est pas qu'ils soient peu importai] c'est bien plutôt parce que les questions que Ta teur y traite n'ont pas cessé d'être importantes, qu'elles sont devenues très-délicates. Au moins e ce un devoir en'toute circonstance que rendre ji tice au mérite éminent et varié qu'il y fait brUl sans cesse. Il pense avec énergie, avec profondet avec originalité; dans chaque phrase il dit qu< que chose , presque toujours quelque chose neuf; et, sans parsdtre songer au style , il est éc v^in supérieur; car son expression franche et i pide a toutes les qualités de sa pensée.