‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiques (volume 4)Chapitre 34 sur 178 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

eisément le contraire. Tous les abus dénoncés depuis cinquante ans par des philosophes illustres, par d'habiles magistrats, par des cours souveraines, par des ministres, sont aux yeux de Fauteur des inventions admirables. Toutes les gothiques institutions, fruits de Tignorance du moyen &ge, lui paraissent les chefs-d'œuvre du génie. C'est là ce qu'il appelle nécessaire, ce qu'il trouve approchant de la perfection, mais ce qu'il veut perfectionner encore; au point que, s'il en fallait croire et ses conseils, et ses vœux, et ses prophéties, car il est prophète, l'Europe atteindrait bientôt le plus haut degré d'intolérance politique et religieuse. Sa diction d'ailleurs est aussi sèche que ses décisions sont tranchantes. Avec un pareil style, de pareils principes n'ont aucun danger; et, assurément, il n'y a pas lieu de craindre que M. de Bonald parvienne à dégoûter l'Europe des écrits de Voltaire et de Montesquieu.

Après avoir parlé des ouvrages composés en notre langue, il nous reste à dire un mot des traductions de quelques auteurs célèbres qui, dans les sciences politiques, ont honoré par leurs travaux ou l'Italie ou l'Angleterre. Deux fois, parmi nous, on avait traduit Machiavel, fameux par tous ses écrits, trop fameux par son livre du Prince. Si Ton en croit J.-J. Rousseau, en feignant de don-

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arec pfa» 6t ioco» ciaam cfor If . Gallois ai te* doit U >:âraL-«f dt Li icgîâmlàam^ hwà des ctadcs de Filaaperû samûaoBê par qsdqacs personnes le Motiêesqwfu Je tlîaBe. Cet ekçr ctt cjugcfé : Filaoçkn ne ressemble point a Munli Aquim; cm il est Tcrbcm. et n'est pas p rofond : mais il est dair; il a des î<lées saines, des in t e ntions dignes du temps ou il ecmait: et Ton ne saurait trop tîcernent regretfer œ jeune et laborieux plûlosoplie, mort avant Tâee de trente ans.

Nous devons quelques louanges à la traduction anonyme de YOceana d^Harrîn^^ton. Exacte et rédigée avec soin* elle (ait bien connaître Fesprît de cet illustre Anglais, qui. par un contraste siuf^ lier^ mais pour lui doublement honorable^ tait itr la-fois le plus fidèle ami du roi Charles I^ et le plus zélé partisan des opinions républicaines. Son livre, où, désignant T Angleterre sous le nom d^une lie fabuleuse, il trace pour elle un plan dorgani-

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