CHAPITRE IV. IU
^uelquefoA du génie , et déploya toujours une TSLve habileté dans la distribution des parties oratoires, dans la construction des périodes, dans Je choix et Tarrangement des mots. Bossuet a des émules comme sermonnaire ; et Ton place au moins à côté de lui Bourdalone , plus vanté que lui ; Massillon, relu souvent, toujours goûté davantage , et Tun des plus beaux modèles que nous présentent Féloquence et l'art d*écrire. Entre les successeurs des classiques se font remarquer le protestant Saurin , grave , mais négligé ; Cheminais , touchant , mais faible ; Tabbé Poule , abondant ,' pompeux , mais prolixe et sans variété; raU>é de-Boismont, élégant écrivain, mais orateur maniéré, froid par conséquent; enfin Févéque de Senes, Beauvais, qui n'a point les défants de l'abbé de Boismont , et dont nous allons parler avec plus de détail.
Les ouvrages de Févéque de Senez , publiés il y a dix-huit ans , ont été réimprimés Tannée dernière. Cette fois on a rétabli quelques morceaux que les circonstances avaient, dit -on, fsiit supprimer dans la première édition. Des sermons, des panégyriques^ des oraisons funèbres: tels sont les différens <&cours qui composent les quatre volumes de ce recueil intéressant. Nous ne savons pourquoi l'on ki'y a point inséré le fameux sermon de la Cène, prêché le jeudi -saint devant
ij8 LirrÉRAÏURE FRANÇAISE.
le roi Louis XV, quarante jours aVant la mort de ce prince. C'est là que Forateur, s'éleyaut avec énergie contre les scandales de la cour, renouvela, sans croire et sans vouloir être prophète luimême , Teffrayante prophétie de Jonas : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. » Au resté, c'était une ligure , ou , si Ton veut , une formule oratoire qui lui était £aimilière ; car il l'avait déjà employée à la fin de son sermon sur la conversion, également prêché devant le monarque, à l'ouverture du carême de 1774- C'est vers et temps que Tabbé de Beauvais fut pourvu de Tévéché de Seucz , non par un mouvement spontané de Louis XV , comme on la souvent écrit , mais sur la demande formelle des trois tilles du roi. Cela prouve que Ton peut réussir à la cour, même en faisant son devoir ; car il s'en faut bien qu*îl y ait prêché en courtisan. Sous différens titres, presque tous ses discours ont pour objet la misère du peuple, le luxe et la corruption des classes supérieures ; le dogme y est rarement traité. C'est un reproche que lui font quelques théol<^eiis rigides: mais doit -on le blâmer d'avoir su se borner à la partie morale de la religion ? Il n'est point de secte dirétienne à qui de tels sermons ne soient convenables. Prêches à Versailles, ils (HHirraient Totro à Naples, à Pêtersbourg , à BerKn, à l^^ndres: et nous no cnn\>ns pas leiu* donner