CHAPITRE V
c'était, avant Thistoire de Pologne, la nietlleiire pitKluction de Rulhière. Quoique très- longue, lUistoire de la Monarchie prussienne, sous Frédéric-le-Grand, ferait à peine citée, si elle n'était pas de Mirabeau. Elle contient des matériaux immenses, mais plutôt accumulés que mi^ en ordre: elle suppose des recherches ^ nombreuses , des études approfondies; mais elle est indigeste et pénible à lire ; et tout le renom de l'auteur ne suffit point pour la placer au rang des ouvrages qui fent honneur à notre langue.
Ayant à parler dans ce chapitre d'une foule de traductions importantes, nous ne croyons pas devoir en former une classe distincte à la suite des ouvrages originaux ; car il deviendrait impossible d'éviter la confusion des époques ; et tout ce qui est relatif à l'histoire moderne se trouverait précéder la plupart des articles qui concernent l'histoire ancienne. Afin de suivre une méthode plus satisfaisante pour les lecteurs instruits, nous ferons intervenir chaque ouvrage, original ou traduit, selon l'ordre chronologique des événemens que Ton y raconte. Le premier livre qui se présente est donc la traduction d'Hérodote, par M. Larcher. Ce n'est ici qu'une seconde édition, mais qui suppose un nouveau travail, puisqu'on y remarque beaucoup de changemcns , soit dans l'interprétation du texte, soit dans le com-
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mentaire aussi docte qu'abondant, dont le traducteur a cru devoir enrichir un hist<H*ien déjà si riche par lui-même. On sait avec quel éclat et queHe heureuse variété de formes Hérodote expose les origiAesde L*£gypte et celles de la Grèce, les mœurs des anciens peuples de l'Asie, les événemens principaux écoulés dans les grandes monarchies qui précédèrent les républiques du Péloponèse, enfin l'entreprise de Xerxès : des armées, des flottes énormes, toute la puissance du grand roi, venant échouer contre ces républiques, si faibles en apparence, mais devenues invincibles par leurs vertus et par leur union. Nous n'osons point affirmer que le style de M. Larcher égale en tout celui d'Hérodote; nous ne trouvons même à cet égard aucun perfectionqement sensible dans la seconde édition , et l'on peut mettre en doute «i les chàngemens qu'a subis le commentaire ont contribué à l'embellir. Beaucoup de personnes préfèrent l'édition antérieure , «t fondent leur préférence sur des opinions philosophiques qui s'y trouvaient manifestées, et qui ont été remplacées, dix ans après, par des opinions contraires. Mais dix ans de réflexions mûrissent le jugement d'un commentateur^ D'ailleurs, l'ancien précepte , conformez'Vous aux temps ^ ne peut qu'être utile à suivre. Qui sait même si ces variantes d'opinions ne sont pas le résultat d'une nouvelle méthode