CHAPITRE V. i
ministres fameux, des négociateurs habiles, mêlés diversement à cette vaste action , dont les fils sont si variés, et dont l'unité n'est jamais rompue; une guerre désastreuse, et pourtant utile; de grands résultats politiques; les progrès de l'art de combattre, et ceux de l'art de pacifier; après tant de batailles célèbres, le plus célèbre des traités assurant en Allemagne l'équilibre des religions ri*vales, donnant au droit public de l'Europe une base nouvelle, et qui fut long-temps inébranlable : tel est le ^sujet que présente la guerre de trente ans; et, dans toute l'histoire, c'est celui peut-être où un talent du premier ordre unirait le mieux l'esprit philosophique des modernes et les belles formes de l'antiquité. Sans avoir, à beaucoup près, atteint ce but, Schiller a fait un ouvrage qui n'est point vulgaire. Il peint bien Gustave- Adolphe , ainsi que Valstein et Tilly ; ses récits sont rapides, quelques-uns même pleins de verve: celui de la bataille de Lutzen, par exemple, et plus encore celui du siège de Magdcbourg. La réputation et le mérite de son livre le rendaient digne d'être traduit : aussi en avons -nous deux traductions. La première est anonyme : elle a paru il y a seize ans ; on l'a imprimée à Berne ; et l'on pourrait bien l'y avoir faite; car les lociitums bizarres dont elle fourmille décèlent un étranger qui s'efforce d'écrire en français. C'est à Paris,
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Tannée dernière, que Ton a publié la seconde : on la doit à M. de Cbamfeu : la diction n'en est pas dépourvue d'élégance ; elle a quelquefois de Ténergie. Il serait à désirer que Ton eût aussi bien traduit \ Histoire d' ^éngleterre de madame Macaulai-Grafaam. Cette histoire embrasse les temps écoulés depuis Tavénement de Jacques 1**^ jusqu'à la révolution de 1688. La traduction s'arrête à la 8e* conde année du protectorat de Cromwel. Sur cîa^ volumes^ les trois derniers, qui sont avoués par Gtliraudet , offrent un assez grand nombre de termes impropres et même d'incorrections éviden* tes. Les deux premiers, que l'on attribue à Mirabeau, ne sont guère moins défectueux; et, ce qu'il y a de plus remarquable , aucune forme de langage n'y révèle un homme de talent : soit que Mirabeau ait traduit cette partie de l'ouvrage avec une excessive rapidité, soit plutôt qu'il ne Tait point traduite; et X]ue, par un charlatanisme dont les exemples ne sont que trop multipliés, un écrivain médiocre , ou un libraire avide , ait spéculé sur un nom célèbre. Quoi qu'il en puisse être , on ne saurait contester un mérite réel à la production originale. Aussi connue par l'austérité de ses mœurs que par l'importance de ses travaux, madame Macaulai, loin de partager les haines personnelles de Clarendon , évite même la circonspection timide de Hiinre endette partie délicate