ACTE V, SCÈNE II. i
Le &ate corrompt l'ame , et la reçd insen3ihle. Irai-je suppHer iia ministre inflexible , jCourher dans les pal^s mon firont humilié , "Et men4jier des grands Tinsolente pitié ?
LA SALL£.
Je connais un soutien plus sûr, plus honorable , ViuB auguste.
MADAME CALAS
Et quel est ce mortel secourable?
Quel est ce protecteur qu'il nous faut révérer?
LA SALLE
Sans honte et sans frayeur vous pourrez Timplorer.
MADAME GALAS
Expliquez-vous.
LA SALLE
U est , près des monts helvétique^ , Un illustre vieillard, fléau des fanatiques, Ami du genre humain ; depuis cinquante hivers Ses sublimes travaux ont instruit l'Univers : A ses contemporains préchant la tolérance, Ses écrits sont toujours des bienfaits pour la France. XA gloire, ce durable et précieux trésor, La gloire, et la vertu plus précieuse encor.
Couronnent à la fois le déclin de sa vie , Et de leur double éclat importunent f envie.
MADAME CALAS
Mais quels droits aurons-nous ?
LA*8ALLE
L4 vertu , le malheur;
iÇ6 JEAN GALAS.
Tous les infortunés ont des droits sur son cœur. Courez vous prosterner aux genoux de Voltaire: Vous serez accueilli sous son toit solitaire; 11 vous tendra les bras, ses yeux dans cet écrit Liront de vos revers un fidèle récit.
MADAME GALAS
Il nous protégera contre la tyrannie !
LA SALLE
De ce devoir ^acré j'ai sommé son génie.
Sous de nombreux tyrans le monde est abattu ; Mais un sage, un grand homme, ami de la vertu. Faisant aux préjugés une immortelle guerre, Fut créé pour instruire et consoler la terre.
MADAME CALAS
Que ne puis-je à l'instant me jeter à ses pieds !
LA SALLE
Que ne puis-je vous suivre aux lieux où vous fuyez, Loin de ces murs sanglans y chercher un asile! Mais ici mon séjour vous sera plus utile Pour calmer des esprits tourmentés par l'erreur, ^ Et dont la piété ressemble à la fureur.
LOUIS CALAS
O ma mère, embrassons la dernière espérance!
MADAME GALAS
Nous allons traverser les cités de la France , Et rencontrer partout des mortels curieux Qui verront notre honte écrite dans nos yeux.