SCÈNE VI
Les mêmes, LE RELIGIEUX, soldats.
LE RELIGIEUX
Pleurez tous, et prenez les vétemens du deuil, Un juste est descendu dans l'ombre du cercueil.
GLÉRAG.
Un juste! lui!
j6a JEAN CALAS.
LE RELIGIEUX
Tai VU périr votre victime.
Jusqu'au dernier moment il a nié son erîme !
LE ilBLrGIEUX.
Avec tant de vertu puissé-je un jour mourir I
LA SALLE, àCléne.
Ses tourmens sont finis; commencez à souffrir.
LE RELIGIEUX
Il sortait de ces lieux suivi d'un peuple immense ; Tout gardait à l'entour un lugubre silence; D'un pas ferme et tranquille il marchait près de moi, Sans orgueil, sans colère, ainsi que sans effroi. Ce vieillard, achevant sa dernière journée.
Présentait aux regards de la foule étonnée, Au lieu d'un front courbé sous le poids du remord, Le front d'un innocent que l'on mène à la mort. Il reconnaît de loin les apprêts d'un supplice Que le crime peut même accuser d'injustice ; Il se trouble, il s'arrête, il détourne les yeux; Puis , levant tout-à-coup ses regards vers les cieux , Tous ses traits ont brillé de ce grand caractère D'un mortel détrompé des erreurs dé la terre. Et qui , par les humains déclaré criminel , Va se justifier aux pieds de l'Éternel.
Je ne vous peindrai point sa mort lente et terrible, De l'art des meurtriers raffinement horrible, Industrieux tourment par la rage invente.